Réflexions sur l’amour

Philia est un amour spontané, alors qu’agapé est un amour commandé.

1 L’amour philia n’est pas un amour que l’on peut commander ou forcer. Il est absolument imprévisible. Il est comme le coup de foudre: il peut te tomber dessus et t’embraser ou ne pas venir du tout. Tu ne peux pas le prévoir ni le commander. Même si tu le désires de tout ton coeur, tu n’en es pas le maître.

2. L’agapé est un amour qui est commandé formellement plus de vingt-cinq fois dans le Nouveau Testament. Vingt-cinq fois, Dieu dit: Aime ton prochain; aime ton frère. L’agapé est un amour qui peut être commandé parce qu’il n’engage pas les sentiments. Dieu ne peut pas exiger que tu aies des sentiments de tendresse pour une personne dont même la vue t’exaspère. Mais il peut exiger de toi que tu décides, sans tenir compte de tes sentiments, de combler ses différents besoins.

Philia est un amour fluctuant, alors qu’agapé est un amour constant.

1. L’amour philia est un amour qui vient et qui va. Il est très instable. Aussitôt arrivé, aussitôt parti. Il nous envahit soudainement et nous quitte sans avertir.

C’est souvent le seul amour qui existe dans les couples d’aujourd’hui, à part 1’éros. Telle personne éprouve une attirance pour telle autre personne du sexe opposé; les deux s’amourachent et conviennent de vivre ensemble. C’est pour un temps l’amour à son meilleur. Puis peu à peu la lune de miel fait place au train-train quotidien, la griserie du début à la routine, et voilà nos deux tourtereaux désemparés.

Que se passe-t-il? Nous nous aimions tant?.. On conclut vitement qu’il n’y a rien à faire, on passe l’éponge et on repart en quête d’une nouvelle aventure. Mais tant que l’on mise tout sur philia, l’amour sentimental, toutes nos aventures se soldent par un échec les unes après les autres.

L’amour philia est un amour fluctuant, semblable aux vagues de la mer.

2. L’ordre que le Seigneur nous donne d’aimer est pour aujourd’hui, demain et pour l’éternité. Il ne s’agit pas d’aimer une fois par semaine ou de temps en temps quand les besoins des autres nous émeuvent. Mais il s’agit de répondre aux besoins des autres jour après jour. Il se peut que je me lève un certain matin du mauvais pied, que je sois d’humeur maussade, mais ce n’est pas une raison pour négliger les besoins des autres. L’agapé ne dépend aucunement de mon humeur, mais de ma décision quotidiennement renouvelée de travailler au bonheur de ceux qui m’entourent.

L’agapé est un amour constant. Ce n’est pas parce que mes enfants m’écorchent les oreilles un certain après-midi que je les prive de souper ou de l’affection dont ils ont tant besoin. Alors que je deviens de plus en plus irrité à cause de leur turbulence, je réclame la force du Seigneur et renouvelle ma décision de les aimer.

Philia est un amour égocentrique, alors qu’agapé est un amour altruiste.

1. L’amour philia est une relation de plaisir et de satisfaction personnelle. Je me tiens avec telle personne parce que j,ai du plaisir en sa compagnie. On ne fait pas d’efforts pour s’entendre; notre relation est harmonieuse et agréable. Cette personne a les mêmes goûts que moi, les mêmes idées, les mêmes façons de voir ou d’agir: c’est moi en peinture. En réalité, c’est moi que j’aime. J’aime l’autre dans la mesure où il me ressemble. Il est dit dans Jean 15.19 que le monde aime ce qui est à lui: ce qui lui ressemble.

2. L’amour agapé est un amour altruiste. C’est un amour qui ne cherche pas son plaisir, mais qui a pour devise de mettre ses intérêts volontairement de côté pour le bien des autres. Dieu n’a pas aimé le monde, selon Jean 3.16, en ce sens qu’il a éprouvé une grande sympathie pour nous. Au contraire, nous lui étions parfaitement antipathiques à cause de notre conduite égoïste et orgueilleuse. Dieu a aimé le monde en ce sens qu’il a mis de côté ses sentiments négatifs envers nous et a envoyé son Fils bien-aimé pour nous faire du bien.

Il ne faudrait pas non plus croire que Jésus soit allé à la croix de bon coeur. Il y est allé à contrecoeur et si ce n’avait été de son agapé, il n’y serait pas allé du tout. Le récit de ses luttes dans le jardin de Gethsémané nous en convainc facilement. (Mat 26.30-46).

Philia est un amour sélectif, alors qu’agapé est un amour universel.

1. Nous n’éprouvons de philia que pour quelques-uns et cela est tout à fait normal. Avant même de vraiment connaître les gens, nous sommes attirés par certains plutôt que par d’autres. Jésus avait ses préférés. Jésus aimait Marthe, Lazare et Marie. Nous savons qu’il allait souvent chez eux. Lorsque Lazare meurt, on voit Jésus attristé qui pleure et les juifs qui disent: Voyez comme il l’aimait (Jean 11.35). Et il y avait aussi cet autre disciple, nous dit la Bible, que Jésus aimait. Il y avait en effet parmi les douze un disciple, l’apôtre Jean, pour lequel Jésus éprouvait plus d’amour et de tendresse que pour les autres (Jean 20.2;21.20). On ne peut pas éprouver d’amour philia pour tous: c’est un amour sélectif.

2. Tu aimeras les uns et les autres sans distinction. Il n’ est pas question de faire du bien à quelques-uns que nous aurions sélectionnés selon nos critères et de mettre les autres de côté. « Tu aimeras tout le monde et particulièrement ceux qui se trouvent sur ta route ».

Cet amour universel est commandé pour les frères, le prochain et l’ennemi. L’agapé est le seul amour qu’on peut avoir pour un ennemi. On ne peut pas éprouver de sentiments favorables pour un ennemi, mais on peut lui faire du bien.

Quand l’amour agapé règne dans une église, il n’y a plus de gens mis de côté et négligés. Même ceux qui ont le moins d’attrait ou d’atouts pour plaire reçoivent l’attention et les bons soins des autres.

Philia est un amour humain, alors qu’agapé est un amour divin.

1. L’amour philia est une forme d’amour non seulement désirable, mais nécessaire à la vie. Toutefois, cet amour n’est pas suffisant. ll ne constitue pas une base solide sur laquelle quelqu’un puisse bâtir des relations profondes et durables avec les autres. Il s’agit d’un amour humain que croyants et incroyants expérimentent également.

2. L’agapé est une facette du fruit de l’Esprit. On ne peut pas le vivre sans être résolument déterminé à le vivre ( Gal 5.16- 22). C’est par l’agapé que nous témoignons les uns aux autres que les incroyants sauront que Dieu asa place au milieu de nous (Jean 13.34,35).

L’expérience de l’apôtre Pierre va de l’amour philia à l’amour agapé.

Prétentions excessives

Un peu avant sa mort, Jésus annonce à ses disciples qu’ils l’abandonneront et refuserons tous d’être identifiés à lui par peur des juifs. Mais Pierre, convaincu d’aimer le Seigneur d’un amour «agapé», s’empresse de protester et de l’assurer que même si les autres disciples l’abandonnaient, lui, Pierre, serait prêt, non seulement à être identifié à lui, mais même à souffrir pour lui jusqu’à la mort (Mat 26.30-35), Pierre était tellement sûr de son amour pour le Seigneur que dans son enthousiasme, il entraîna tous les autres disciples à lui promettre parfaite fidélité (Mat 26.35).

Amour limité

Quelques instants après, Jésus se rend avec ses disciples à Gethsémané, prend Pierre, Jacques et Jean avec lui et s’éloigne pour prier (Mat 26.36-37). Eprouvant une grande tristesse et de grandes angoisses, il demande alors à ses trois amis de l’aider à traverser ces moments excessivement difficiles et de veiller avec lui (Mat 26;38-39).

Mais après avoir prié seul quelques instants, Jésus revient vers ses disciples qu’il trouve endormis. Il s’adresse alors à Pierre et lui reproche amicalement de n’avoir pas même pu veiller une heure avec lui (Mat 26.40). A trois reprises, Jésus s’éloigne pour prier et retrouve Pierre et les deux autres endormis. Pourtant, Pierre était convaincu d’aimer le Seigneur d’un amour agapé, alors qu’il ne l’aimait en réalité que d’un amour philia, d’un amour émotif et fluctuant.

Un peu plus tard, Judas arrive accompagné d’une foule nombreuse armée d’épées et de bâtons, et voilà que tous les disciples, y compris Pierre, prennent la fuite (Mat 26.47-56).

Peu après, on retrouve Pierre suivant Jésus de loin pour être sûr de ne pas être identifié à lui (Mat 26.58). Alors qu’il est assis dans la cour du sacrificateur avec les serviteurs et les servantes, on lui demande à trois reprises s’il n’est pas un des disciples de Jésus, ce que Pierre nie avec force, prétendant même ne pas connaître Jésus. Le coq chante alors trois fois, comme Jésus l’avait annoncé et Pierre se rend douloureusement compte qu’il n’aime pas le Seigneur d’un amour constant et altruiste comme il l’avait prétendu. Pierre prend conscience qu’il n’a pour le Seigneur qu’un attachement émotif, rien de plus (Mat 26.69- 75).

Amour qui grandit

Après sa résurrection, Jésus apparaît plusieurs fois aux disciples. Une certaine fois, il se montre à eux sur les bords de la mer de Tibériade. Après avoir mangé, il prend Pierre à part et lui demande: Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci? Jésus pose à Pierre cette même question trois fois.

Cette question directe, force Pierre à se rappeler qu’il avait prétendu aimer Jésus plus que tous les autres disciples (Mat 26.33), mais aussi qu’il avait lamentablement échoué en le reniant à trois reprises. Jésus était prêt à rétablir Pierre dans ses fonctions de leader spirituel, comme nous l’indiquent ses paroles: Pais mes brebis (Jean 21.15-17). Mais Jésus savait qu’il était vital pour Pierre de ne plus entretenir d’illusions sur lui-même pour accomplir fidèlement son travail d’apôtre (1 Cor 10.12).

Pierre avait certainement pour le Seigneur un amour philia sincère, mais il avait besoin, comme plusieurs d’entre nous, d’apprendre à aimer le Seigneur d’un amour agapé. Mais y arriverait-il jamais?

Le Seigneur, dans le but de l’encourager, lui fait voir qu’un jour il en serait capable. En effet, Jésus lui dit au verset 18 de Jean 21, en faisant allusion au type de mort qui l’attendait: En vérité, en vérité, je te le dis quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudras pas.

Jusque-là Pierre avait fait ce qu’il lui plaisait. Mais Jésus lui annonce qu’un jour il aurait grandi en maturité et en amour, au point d’être même prêt à souffrir et à mourir pour lui (v.19): L’histoire nous rapporte que lorsqu’il fut avancé en âge, Pierre souffrit et mourut sur une croix à cause de sa foi au Seigneur.

Il se peut que notre amour pour le Seigneur et pour les autres soit encore bien superficiel Mais tout comme l’apôtre Pierre asu grandir dans l’amour au fil des années, nous devons, par la grâce de Dieu, viser à grandir dans ce merveilleux amour qu’est l’amour agapé.

les articles plus lus

En présentant le premier numero de PROMESSES

à nos frères en la foi, nous pensons bien faire d’exposer les principes qui seront à la base de ce «Cahier d’études bibliques».

Nous chercherons à être utiles à tous, à l’église de Dieu d’abord, c’est-à-dire au Chef de l’église, Christ, mais aussi à ceux pour qui la Parole est précieuse, à ceux qui désirent étudier et obéir.

Les bulletins, feuilles de renseignements, journaux mensuels ou trimestriels foisonnent. Tous, ou presque, apportent des nouvelles missionnaires ou d’évangélisation. Ce qu’on recherche ici est beaucoup plus un cahier comportant exclusivement des études bibliques ou se rapportant spécifiquement à la Parole.

La plupart des assemblées de «frères» issues du mouvement datant des années 20-30 du siècle écoulé semblent vivre au ralenti, l’esprit missionnaire mis à part. Comme dans tout mouvement, certaines vérités ont été poussées en «épingle», d’autres ont été négligées; des intérêts particuliers ont pris le pas sur les valeurs spirituelles. Nous assistons à un rétrécissement sérieux de l’influence, de l’action que devraient avoir des églises de foi, c’est-à-dire formées d’enfants de Dieu véritables, scellés par l’Esprit de Dieu.

En toute humilité, nous désirons demander au Seigneur sa lumière, afin de marcher selon sa grâce, en fidélité, devant sa face. Nous ne saurions prétendre connaître tout ce que Dieu veut pour les siens et son église, mais notre désir est d’apporter ce qui, aujourd’hui, est utile pour l’édification et la consolation de nombreux enfants de Dieu. Précisons que nous ne voudrions pas représenter un point de vue particulier, mais étudier la Parole, en respectant la sainteté de Dieu.

Chaque étude signée restera sous la responsabilité de son auteur. L’enseignement de ces pages semble devoir être d’une étendue qui surprendra peut-être. Notre désir est, à la fois, de présenter des études fouillées pour le chrétien avancé, mais aussi des explications de termes, de langage, pour ceux qui ne connaissent pas notre langue d’une manière approfondie.

A titre d’essai, nous ferons parvenir un certain nombre d’exemplaires au monde francophone d’outre-mer. Il faudra ainsi tenir compte de ce champ de diffusion.

De divers côtés, sinon dans nos vieux pays, on demande, en effet, une littérature chrétienne plus abondante, basée sur la Bible, la Parole de Dieu. Quelques-uns d’entre nous ont cru devoir répondre à ce désir. Nous plaçons ces cahiers sous le regard du «Chef», demandant à Dieu sa bénédiction pour rendre témoignage à la Vérité.

Les éditeurs

Où nous mène la formidable évolution qui soulève le monde chrétien tout entier? En cette période d’après le Concile du Vatican Il, il est utile de dresser un bilan des faits, même provisoire, et de procéder à un tour d’horizon général.

Eléments positifs de l’évolution catholique: Incontestablement, des mouvements intéressants se font sentir dans l’Eglise romaine: étude et diffusion de la Bible en voie de développement, dialogue engagé avec les autres confessions, reconnaissance du fait que les communautés des «frères séparés» protestants peuvent porter le titre d’églises, admission d’une part de responsabilité dans la rupture du XVIe siècle. Au cours du Concile du Vatican Il, l’opinion a été exprimée à maintes reprises que l’Eglise catholique avait besoin d’un renouveau si elle voulait réellement entreprendre le dialogue avec les églises non-romaines. Il y eut des discussions très libres, suivies de votes positifs impressionnants, par exemple sur la collégialité des évêques gouvernant l’Eglise avec le pape, l’usage de la langue vulgaire dans le culte, l’oecuménisme, la liberté religieuse, la limitation des naissances, le peuple juif, l’Ecriture Sainte et la Tradition, etc.

Fin décevante de Vatican Il: Rappelons quelques faits justifiant cette impression de l’ensemble des observateurs non catholiques.

La collégialité des évêques doit être entendue de telle manière que la primauté du pape demeure intacte. La structure monarchique de l’Eglise romaine n’en sera pas affectée, le pape reste le souverain absolu. Le collège épiscopal n’a aucune autorité sans ce dernier. Paul VI, dans son discours d’ouverture à la troisième session, ne s’en est pas référé moins de sept fois à sa primauté, et le mot-clé qu’il a constamment utilisé était celui de «hiérarchie sacrée». Le pasteur G. Richard-Molard estime qu’un tel discours «ne peut guère qu’hérisser la plupart des chrétiens non catholiques romains» («Messager Social», 10 déc.; S. CE- P. I., 1er oct.; 24 sept. 1964).

Il est clair, selon le même pasteur, «que l’Eglise catholique est toujours placée sous l’unique pouvoir de l’Eglise romaine. Or, il ne s’agit pas là d’une découverte de La Palice, mais d’une situation, chaque jour plus insupportable pour les catholiques eux-mêmes. Cette direction totalitaire italienne, ou pire encore, romanisée, possède encore tous les leviers de commande» («Christianisme au XXe siècle», 29 oct. 1964). Cela n’empêche pas qu’une seconde force «se manifeste par l’esprit nouveau qui anime une partie toujours plus large du catholicisme non italien. Il ne faut pas s’imaginer que cet esprit ait changé en quoi que ce soit la masse, mais il passe sur quelques centaines d’évêques, sur de nombreux prêtres et sur une élite de laïcs» (ibid.).

La Vierge Marie a été proclamée Mère de l’Eglise, sans l’avis des pères conciliaires, par Paul VI, qui lui a consacré la moitié de son discours de clôture {cf. «Chrétien Evangélique», déc. 1964, p. 5). Cette proclamation «a détruit tous les efforts des pères conciliaires qui. .. s’étaient ingéniés à éviter autant que possible les déclarations de nature à. ..donner de l’extension au dogme marial et à choquer les protestants» {«Christ U. Welt», cité par S. CE. P. I., 3 déc. 1964).

Le 11 octobre 1963, le pape a terminé une allocution aux pères du Concile et aux fidèles par cette prière à la Sainte Vierge: «O Marie, nous vous prions pour nos frères encore séparés de notre famille catholique. Voyez comment, parmi eux, une phalange glorieuse célèbre votre culte avec fidélité et amour. Voyez comment parmi d’autres, si résolus à se dire chrétiens, commence à renaître aujourd’hui votre souvenir et votre culte, ô Vierge très bonne. Appelez avec nous tous ces fils, qui sont vôtres, à la même unité sous votre protection maternelle et céleste» («Documentation Catholique», 3 novembre 1963).

Le cardinal Doepfner, de Munich, dont les interventions au Concile ont été souvent remarquées, vient de déclarer à son tour: «Amoindrir dans l’Eglise le culte de la Vierge Marie serait un malentendu et une mauvaise interprétation des enseignements du Concile. ..Nous voulons approfondir et enraciner encore plus fort dans ce mystère du Christ le riche héritage laissé à l’Eglise par la Vierge Marie. Elle a un grand rôle à jouer dans l’Eglise, qui voit en elle son image originelle» {«Figaro», 28 déc. 1964).

Le dogme romain: Dans son livre récent sur l’Unité, le cardinal Béa répète des dizaines de fois: 1°) que l’enseignement romain, étant infaillible, ne saurait subir dans son essence aucune modification; 2°) que l’Eglise catholique étant la seule vraie Eglise du Christ, l’unité finale ne peut être envisagée que par le retour de tous les baptisés orthodoxes et protestants au bercail du successeur de saint Pierre. Ce caractère intangible du dogme catholique n’a cessé d’être proclamé clairement par Jean XXIII, Paul VI et tous les porte-parole de Rome. Le professeur E. Schlink, observateur de l’Eglise Evangélique d’Allemagne à Vatican Il, après avoir noté que les délibérations conciliaires sont « révolutionnaires» pour l’Eglise romaine, ajoute: «Aucune des resolutions jusqu’ici adoptées n’a «rapporté, modifié ou même réinterprété de manière satisfaisante un seul des dogmes qui divisent la chrétienté » (S. CE. P. I., 17 déc.1964).

Cela n’a pas empêché le professeur de théologie protestant O. Cullmann de déclarer que Vatican Il «n’a fermé aucune porte ». Dans une interview accordée au journal «Le Monde », M. Cullmann reconnaît que les textes élaborés au Concile sont décevants, car la plupart sont des textes de compromis. Le Concile actuel est lié par celui du Vatican I (en 1870, où fut proclamée l’infallibilité pontificale), et par les dogmes mariaux antérieurs, inchangeables eux aussi. Mais il ajoute: «Je ne partage pas le pessimisme de certains qui s’exprime dans ce slogan: «II ne sortira rien de ce Concile! » Tous les textes sont formulés de telle sorte qu’aucune porte n’est fermée, et qu’ils ne seront pas un obstacle à la future discussion entre catholiques ni au dialogue avec les non-catholiques, comme le sont les décisions des Conciles antérieurs » (cité par «Vie Protestante », 23 oct. 1964). -Puisque les dogmes romains sont infaillibles (voir les anathèmes du Concile de Trente), on se demande sur quoi porte la discussion. ..Si la porte n’est pas fermée, elle ne l’est qu’à sens unique et ne nous paraît conduire qu’au bercail de saint Pierre.

(à suivre)
Extrait avec autorisation du périodique «Le Chrétien évangélique »

(2 Tim.1, 7-9)

«Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d’amour e! de prudence.»

Timide = qui manque de hardiesse et d’assurance, dit le dictionnaire. Dieu, en vue du but qu’il s’est proposé, nous a adressé une «VOCATION SAINTE», et pour cette vocation, il nous revêt:

de force – par quoi nous devons comprendre force de caractère, maîtrise de soi, tranquillité d’esprit, toutes choses qui sont contraires à la timidité. Une stabilité nouvelle, créée par le Saint-Esprit de Dieu qui nous donne l’assurance du salut; un contrôle de soi-même qui peut ne pas être naturel, mais qui est le résultat du travail de cet Esprit.

d’amour – de compréhension, de compassion, de pardon, amour qui n’est pas mollesse, ni faiblesse, mais qui prend part aux malheurs du prochain, qui comprend le pécheur et repousse le péché.

de prudence – mieux encore discipline personnelle, d’intelligence avertie, de jugement balancé, nuancé, sans laisser-aller.

Etes-vous craintif de nature, manquez-vous d’assurance, avez-vous ce qu’on appelle un complexe d’infériorité, craignez-vous de vous affirmer? Lisez les lettres à Timothée. C’était un timide de nature, et l’apôtre l’encouragea. Notez ceci: Dieu DONNE UN AUTRE ESPRIT que celui que vous aviez précédemment. Il donne gratuitement. Alors, demandez, priez. Il vous DONNERA.

Le but de nos études est de faire connaître et comprendre (Ps. 82, 5) les pensées de Dieu révélées dans sa Parole, afin de vivre dans la lumière. Dans un monde où Satan règne pour obscurcir la vérité, voire même la cacher, il importe que le juste – sauvé par la foi en Jésus-Christ – connaisse «les fondements» de la vérité divine.

Les lignes suivantes ne veulent être qu’un canevas de «la saine doctrine», telle que la Parole de Dieu nous la montre. Cet enseignement est à la fois christologique (Matth. 7, 28; 1 Cor. 2, 1-2) et apostolique (Act. 2, 42) ; il comprend l’ensemble des vérités divines.

I L’INSPIRATION VERBALE DE LA BIBLE

La pierre de touche de tout ce qui suit est la doctrine de l’inspiration des Ecritures. «Toute Ecriture est inspirée de Dieu» (2 Tim. 3, 16). Nous possédons aujourd’hui suffisamment de preuves, devant lesquelles tout homme sincère doit s’incliner. La Bible est la révélation de Dieu à l’égard de l’homme. Ce n’est pas un livre ecclésiastique quelconque, ni un ouvrage symbolique ou philosophique. C’est simplement «la Parole de Dieu» qui ne se laisse pas discuter. Des hommes de Dieu, poussés par l’Esprit, rédigèrent les 66 livres de cette divine Bibliothèque (2 Pi. 1, 21 ). Tout en gardant leur caractère et leur personnalité, ils furent de simples véhicules utilisés pour transmettre intégralement les pensées divines. C’est un miracle et un miracle ne s’explique pas. On peut l’accepter ou le rejeter; mais le fait est là.

Il LA TRINITÉ DE DIEU

Il en est de ce terme comme d’autres: la doctrine de la trinité de Dieu se trouve clairement révélée dans la Bible, bien que cette expression n’y soit pas mentionnée. Lucien déjà, rhéteur et philosophe grec du 2me siècle, fait confesser le chrétien dans son «Philopatris»: «le Dieu exalté …Fils du Père, Esprit procédant du Père, l’Un d’entre les Trois et Trois d’entre Un.» Le terme même fut employé formellement pour la première fois lors du synode en 317 à Alexandrie.

Cela ne signifie rien d’autres que tri-unité. La déité est une trinité, une unité qui possède 3 personnes distinctes ayant la même vie et la même essence.

L’ANCIEN TESTAMENT

Nous y voyons une révélation progressive qui trouve sa complète manifestation dans le Nouveau Testament. Des allusions claires et sans équivoques devaient ouvrir les yeux des personnes pieuses du temps du Seigneur.

Gen. 1,1: «Au commencement Dieu.» Ce terme «ELOHIM» est au pluriel et Moïse l’emploie quelque 500 fois. A remarquer qu’à chaque reprise le verbe qui l’accompagne est au singulier, ce qui prouve bien l’unité dans la pluralité des Personnes de la Déité.
Gen. 1,26: «Et Dieu dit: Faisons l’homme selon notre ressemblance»
Gen. 3, 22: «Voici l’homme est devenu comme l’un de nous»
Es. 48, 16: «Le Seigneur l’Eternel» – Dieu le Père
«m’a envoyé» – Dieu le Fils
«et son Esprit» -Dieu le Saint-Esprit
Zach. 12, 10: «Et je répandrai» -Dieu le Père
«un esprit de grâce» – Dieu le Saint-Esprit
«ils se lamenteront sur lui» -Dieu le Fils

LE NOUVEAU TESTAMENT

Il dévoile clairement cette vérité et nous confirme que la déité se compose de 3 Personnes: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint- Esprit (Matth. 28, 19; Jean 1:1; Jean 5:3-4; Jean 8:54).

La trinité de Dieu est déjà engagée lors du baptême du Seigneur (Matth. 3, 13-17). On ne peut, à ce sujet, s’exprimer plus clairement que le Seigneur le faisait dans Jean 14:16-26: «Mais le Consolateur, l’Esprit-Saint (3ème Personne) que le Père (1ère Personne) enverra en mon nom (2ème Personne).»

La grande bénédiction apostolique nous laisse «la grâce du Seigneur Jésus-Christ», «l’amour de Dieu» et «la communion du Saint-Esprit» (2 Cor. 13, 13).

D’ailleurs, l’homme lui-même est une trinité composée de l’esprit, de l’âme et du corps. Il est attaqué par une autre trinité: le monde autour de lui, la chair en lui, et le diable au-dessous de lui. La loi du péché en lui est également représentée par une trinité:la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Et, enfin, il peut être sauvé par la trinité divine: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit.

III JÉSUS-CHRIST

1. Sa Divinité

Jean 1, 1-3 suffirait pour établir cette vérité bénie:
Au commencement était la Parole» (le Verbe dans son existence éternelle)
cet la Parole était auprès de Dieu» (le Verbe dans son existence personnelle)
et la Parole était Dieu» (le Verbe dans son essence divine)

2. Son incarnation

Il est «Dieu manifesté en chair» (1 Tim. 3, 16). Ce mystère, dans lequel même les anges désirent plonger leurs regards, nous a été révélé. Les 7 degrés de son abnégation nous sont donnés en Phil. 2, 7-9. Aucune difficulté n’est inconnue du Seigneur qui a été tenté comme nous; Il peut donc nous accorder miséricorde et secours au moment opportun (Hébr. 4, 15-16). Ami qui souffres, confie-toi en Lui, car son nom est «Merveilleux».

3. Son CEuvre rédemptrice

Rom. 4, 25 dit: «Jésus, notre Sauveur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification».
L’Ancien Testament y fait continuellement allusion (Ex. 12, Ps.22, Es.53).
Les Evangiles en sont la réalisation
Les Actes le proclament
Les Epîtres l’expliquent
L’Apocalypse, enfin, décrit la destruction de ceux qui ont rejeté cette oeuvre.

(à suivre)