Mariage et célibat 1 Corinthiens 7

Cet article résume le long chapitre 7 de 1 Corinthiens autour de trois axes : la vision chrétienne du mariage, la prise en compte des réalités humaines et la valorisation du célibat.

Avant de s’en aller de la terre, Jésus a dit à ses disciples de faire des disciples parmi toutes les nations, de les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et de leur enseigner à observer tout ce qu’il a prescrit. Jésus a effectivement enseigné sur le mariage et sur le célibat et Paul a relayé sa pensée. Un petit rappel des circonstances. La ville de Corinthe était célèbre dans l’Antiquité pour son immoralité. Les Juifs se démarquaient de cette culture générale, et certains s’étaient convertis à Christ et faisaient partie de l’église. Du côté des Grecs convertis, il pouvait y avoir des attitudes très contrastées. Les premiers convertis étaient proches du judaïsme. Puis de vrais païens sont venus à la foi : pour eux, le corps n’avait rien à voir avec la vie spirituelle — on pouvait en faire ce qu’on voulait. Enfin, quelques-uns suivaient la ligne diamétralement opposée : pour eux, le corps était un obstacle à la spiritualité — il fallait le mater, le réprimer, ne lui donner aucune place. Quel est alors la place du mariage ? C’est la question que les chrétiens de Corinthe ont posé à l’apôtre Paul.

La vision chrétienne du mariage

À ceux qui pensaient que le mariage était mauvais, Paul dit que c’est un don de la grâce, un « charisme » (v. 7). À ceux qui pensaient que l’idéal du mariage chrétien consisterait à vivre ensemble comme frère et sœur, sans se toucher, Paul dit : « Ne vous refusez pas l’un à l’autre » (v. 5 [note] Les citations bibliques sont tirées de la Bible du Semeur.[/note]). Le mari doit à sa femme des caresses. La femme doit à son mari des caresses. S’il y a un effort à faire — parce qu’on est fatigué, préoccupé, ou contrarié — c’est la tendresse qui devrait généralement primer, et non l’abstinence. On se donne l’un à l’autre. C’est un vrai don, qui implique de se parler, de se réconcilier, si besoin est. Ce n’est pas un don sous contrainte.
Je suppose que tous les hommes de l’Antiquité auraient été d’accord avec les termes du verset 4 : « Le corps de la femme ne lui appartient plus, il est à son mari. » « La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari. » Mais ils auraient été abasourdis par la suite du verset : « Le corps du mari ne lui appartient plus, il est à sa femme. » « Le mari n’a pas autorité sur son propre corps, c’est la femme. » Le droit romain donnait tous les pouvoirs au mari : la loi de Jésus-Christ exige la réciprocité, le respect mutuel, des devoirs symétriques. L’apôtre Paul parle dans d’autres passages de l’autorité du mari, qui doit se modeler sur celle de Jésus-Christ. Mais au lit, il n’est pas question de leadership. Chacun doit penser au bien-être de l’autre. Derrière l’enseignement de l’apôtre nous discernons le récit de la création de l’homme et la femme à l’image de Dieu, et les beautés du Cantique des Cantiques.
Paul se fait plus loin l’écho de ce que Jésus lui-même a enseigné. Dans le plan de Dieu, le divorce n’est pas une option. « Quant aux couples chrétiens, voici ce que j’ordonne, ou plutôt ce que le Seigneur lui-même leur commande : Que la femme ne se sépare pas de son mari. Au cas où elle en serait séparée, qu’elle reste sans se remarier ou qu’elle se réconcilie avec son mari. Le mari, de son côté, ne doit pas quitter sa femme. » On réfléchit avant de se mettre ensemble ; après, on s’engage. « L’homme laissera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un. » Le lien physique crée un lien psychologique très fort, voulu par le Créateur. On peut le désapprendre, ce que font quantité de gens aujourd’hui, tout en se souvenant de ce qu’ils appellent « la première fois ». On ne crée pas ce lien à la légère, pour s’amuser, pour voir, pour tenter l’expérience, en espérant que… On le crée dans le cadre du mariage, qui est fait pour durer.

La prise en compte des réalités humaines

L’Ancien Testament connaît au moins deux situations contraires à l’idéal du mariage.
1. La polygamie : « L’homme s’attachera à sa femme… » La polygamie est un fait coutumier, encadré jusqu’à un certain point par des lois. Elle n’est jamais préconisée. Elle est souvent source de conflits. Les Proverbes recommandent : « Fais ta joie de la femme que tu as aimée dans ta jeunesse, biche charmante, gracieuse gazelle, que ses charmes t’enivrent toujours et que tu sois sans cesse épris de son amour ! » (Prov 5.18-19). Dans un certain nombre de ménages dans l’A.T., ce n’est tristement pas le cas.
2. Le divorce : La loi de Moïse se contente de le réglementer (Deut 24). Sur la base de ce texte les pharisiens viennent interroger Jésus. « Un homme a-t-il le droit de divorcer d’avec sa femme pour une raison quelconque ? » (Mat 19.3). La réponse de Jésus semble être catégorique : divorcer, sous-entendu pour se remarier, c’est commettre un adultère, ou pousser à l’adultère. Parce qu’au commencement, il n’en était pas ainsi : divorcer, c’est s’écarter du projet de Dieu.
Mais l’enseignement de Jésus tient aussi compte des réalités humaines. Il explique que les dispositions de la loi de Moïse sont là à cause de la dureté du cœur humain. Quand les choses vont de travers, il faut limiter les dégâts. Et si Marc et Luc ne retiennent que la leçon principale — pas de divorce —Matthieu rapporte un cas de figure où le divorce n’est pas synonyme d’adultère : quand l’alliance entre un homme et une femme est brisée par l’immoralité. Obliger l’un des époux — souvent la femme — à subir éternellement les frasques de l’autre, est encore plus en contradiction avec le plan de Dieu que le divorce. La dignité humaine est plus importante que le maintien purement formel de l’institution.
En 1 Corinthiens 7, l’apôtre Paul donne un autre exemple où il faut tenir compte de la réalité humaine. Il s’agit d’un couple, où l’un des conjoints est chrétien et l’autre pas. Si le conjoint non-chrétien exige le divorce, « dans ce cas, le frère ou la sœur n’est pas lié. » C’est comme s’il y avait eu décès. Mais ce n’est pas au conjoint chrétien de provoquer la rupture — ni en cherchant le divorce sous prétexte que le mariage avec un non-chrétien n’est pas un vrai mariage, ni en rendant la vie à deux insupportable par un zèle mal à propos.
S’engager dans un mariage mixte est contraire à la volonté de Dieu, mais quand on se convertit à Christ, on reste dans sa condition de vie et on ne casse pas son ménage. Avec son autorité d’apôtre Paul précise ici un point qui n’a pas été évoqué explicitement par le Seigneur Jésus. On peut se demander s’il n’y a pas d’autres situations analogues. En suivant la logique de Jésus — la personne humaine avant l’institution — on doit certainement ajouter un troisième cas de figure, la violence conjugale.

Le célibat

Le projet général de Dieu est donc un homme et une femme, pour la vie — avec quelques exceptions à la règle, à cause de la dureté du cœur humain. Quid alors du célibat ? Paul dit : « Il est bon qu’un homme se passe de femme. » Voilà de quoi surprendre à Corinthe ! Pour les chrétiens d’origine juive, il était très important de se marier et d’avoir des enfants pour perpétuer le nom de la famille et la nation d’Israël. Pour la plupart des chrétiens d’origine païenne, avoir des rapports sexuels était aussi naturel et aussi neutre sur le plan spirituel que manger et boire. Et voilà que Paul valorise le célibat. Il en donne deux raisons :
1. Premièrement, les personnes mariées sont plus vulnérables en temps de persécution (7.26-28). En Afrique, en cas de guerre civile, il est souvent arrivé que des missionnaires protestants soient évacués avec leur famille, alors que des prêtres catholiques restaient. Les dictatures européennes ont mis la pression sur les personnes mariées, en menaçant leur conjoint ou leurs enfants. Louis XIV a permis aux pasteurs protestants de s’exiler, à condition qu’ils abandonnent leurs enfants pour être élevés dans des couvents. Être marié, c’est être vulnérable.
2. La deuxième raison pour laquelle Paul valorise le célibat, c’est la plus grande disponibilité des célibataires pour la cause de l’Évangile (7.29-35). C’est une question d’emploi du temps et de priorités partagées. Paul n’aurait pas pu parcourir la moitié de la Méditerranée s’il avait dû s’occuper des besoins de sa famille. Son collègue Pierre était marié, et Paul estime cela normal. Mais il est fier d’avoir renoncé à ce privilège pour être plus disponible pour l’Évangile.
Nous touchons ici à la question du célibat choisi en opposition au célibat subi. Subi parce qu’on n’a pas rencontré la bonne personne, parce qu’on n’était pas prêt et que le moment est passé, parce que le conjoint vous a lâché, parce que la mort l’a enlevé… Jésus et Paul valorisent le célibat librement choisi. J’en connais qui sont heureux dans ce choix. C’est un don de la grâce, dit Paul, un « charisme », tout comme le mariage.
Mais que dire du célibat subi ? Il faut surtout, me semble-t-il, cultiver un réseau de relations qui puisse combler la solitude qui vous envahit parfois. Non pas des relations où vous mendiez l’affection, mais des relations où vous vous donnez pour les autres : dans l’Église, dans une association, dans la famille. Nos enfants gardent un souvenir affectueux d’un ami chrétien célibataire qui n’oubliait jamais leur anniversaire. Il n’avait pas d’enfants… mais il a laissé des traces dans la vie de beaucoup. En fait, dans le mariage ou en dehors du mariage, aimer, se donner pour les autres, est la clé de tout.
Le don de soi pour les autres gagne à être accompagné d’une attention réciproque de l’Église vis-à-vis des souffrances secrètes de certains de ceux qui sont seuls (« que les membres aient également soin les uns des autres » 1 Cor 12.25). Ainsi entourés de compassion discrète, ces célibataires n’en seront que mieux encouragés à ne pas se replier sur eux-mêmes, à s’ouvrir aux autres et à servir.

Conclusion

Mariage et célibat, le verset 7 lie les deux : « Chacun reçoit de Dieu un don particulier de la grâce, l’un le mariage, l’autre le célibat. » Ailleurs Paul propose une philosophie de vie qui peut sous-tendre les deux : « Aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, que nous vivions ou que nous mourions, nous appartenons au Seigneur » (Rom 14.7-8).

les articles plus lus

En présentant le premier numero de PROMESSES

à nos frères en la foi, nous pensons bien faire d’exposer les principes qui seront à la base de ce «Cahier d’études bibliques».

Nous chercherons à être utiles à tous, à l’église de Dieu d’abord, c’est-à-dire au Chef de l’église, Christ, mais aussi à ceux pour qui la Parole est précieuse, à ceux qui désirent étudier et obéir.

Les bulletins, feuilles de renseignements, journaux mensuels ou trimestriels foisonnent. Tous, ou presque, apportent des nouvelles missionnaires ou d’évangélisation. Ce qu’on recherche ici est beaucoup plus un cahier comportant exclusivement des études bibliques ou se rapportant spécifiquement à la Parole.

La plupart des assemblées de «frères» issues du mouvement datant des années 20-30 du siècle écoulé semblent vivre au ralenti, l’esprit missionnaire mis à part. Comme dans tout mouvement, certaines vérités ont été poussées en «épingle», d’autres ont été négligées; des intérêts particuliers ont pris le pas sur les valeurs spirituelles. Nous assistons à un rétrécissement sérieux de l’influence, de l’action que devraient avoir des églises de foi, c’est-à-dire formées d’enfants de Dieu véritables, scellés par l’Esprit de Dieu.

En toute humilité, nous désirons demander au Seigneur sa lumière, afin de marcher selon sa grâce, en fidélité, devant sa face. Nous ne saurions prétendre connaître tout ce que Dieu veut pour les siens et son église, mais notre désir est d’apporter ce qui, aujourd’hui, est utile pour l’édification et la consolation de nombreux enfants de Dieu. Précisons que nous ne voudrions pas représenter un point de vue particulier, mais étudier la Parole, en respectant la sainteté de Dieu.

Chaque étude signée restera sous la responsabilité de son auteur. L’enseignement de ces pages semble devoir être d’une étendue qui surprendra peut-être. Notre désir est, à la fois, de présenter des études fouillées pour le chrétien avancé, mais aussi des explications de termes, de langage, pour ceux qui ne connaissent pas notre langue d’une manière approfondie.

A titre d’essai, nous ferons parvenir un certain nombre d’exemplaires au monde francophone d’outre-mer. Il faudra ainsi tenir compte de ce champ de diffusion.

De divers côtés, sinon dans nos vieux pays, on demande, en effet, une littérature chrétienne plus abondante, basée sur la Bible, la Parole de Dieu. Quelques-uns d’entre nous ont cru devoir répondre à ce désir. Nous plaçons ces cahiers sous le regard du «Chef», demandant à Dieu sa bénédiction pour rendre témoignage à la Vérité.

Les éditeurs

Où nous mène la formidable évolution qui soulève le monde chrétien tout entier? En cette période d’après le Concile du Vatican Il, il est utile de dresser un bilan des faits, même provisoire, et de procéder à un tour d’horizon général.

Eléments positifs de l’évolution catholique: Incontestablement, des mouvements intéressants se font sentir dans l’Eglise romaine: étude et diffusion de la Bible en voie de développement, dialogue engagé avec les autres confessions, reconnaissance du fait que les communautés des «frères séparés» protestants peuvent porter le titre d’églises, admission d’une part de responsabilité dans la rupture du XVIe siècle. Au cours du Concile du Vatican Il, l’opinion a été exprimée à maintes reprises que l’Eglise catholique avait besoin d’un renouveau si elle voulait réellement entreprendre le dialogue avec les églises non-romaines. Il y eut des discussions très libres, suivies de votes positifs impressionnants, par exemple sur la collégialité des évêques gouvernant l’Eglise avec le pape, l’usage de la langue vulgaire dans le culte, l’oecuménisme, la liberté religieuse, la limitation des naissances, le peuple juif, l’Ecriture Sainte et la Tradition, etc.

Fin décevante de Vatican Il: Rappelons quelques faits justifiant cette impression de l’ensemble des observateurs non catholiques.

La collégialité des évêques doit être entendue de telle manière que la primauté du pape demeure intacte. La structure monarchique de l’Eglise romaine n’en sera pas affectée, le pape reste le souverain absolu. Le collège épiscopal n’a aucune autorité sans ce dernier. Paul VI, dans son discours d’ouverture à la troisième session, ne s’en est pas référé moins de sept fois à sa primauté, et le mot-clé qu’il a constamment utilisé était celui de «hiérarchie sacrée». Le pasteur G. Richard-Molard estime qu’un tel discours «ne peut guère qu’hérisser la plupart des chrétiens non catholiques romains» («Messager Social», 10 déc.; S. CE- P. I., 1er oct.; 24 sept. 1964).

Il est clair, selon le même pasteur, «que l’Eglise catholique est toujours placée sous l’unique pouvoir de l’Eglise romaine. Or, il ne s’agit pas là d’une découverte de La Palice, mais d’une situation, chaque jour plus insupportable pour les catholiques eux-mêmes. Cette direction totalitaire italienne, ou pire encore, romanisée, possède encore tous les leviers de commande» («Christianisme au XXe siècle», 29 oct. 1964). Cela n’empêche pas qu’une seconde force «se manifeste par l’esprit nouveau qui anime une partie toujours plus large du catholicisme non italien. Il ne faut pas s’imaginer que cet esprit ait changé en quoi que ce soit la masse, mais il passe sur quelques centaines d’évêques, sur de nombreux prêtres et sur une élite de laïcs» (ibid.).

La Vierge Marie a été proclamée Mère de l’Eglise, sans l’avis des pères conciliaires, par Paul VI, qui lui a consacré la moitié de son discours de clôture {cf. «Chrétien Evangélique», déc. 1964, p. 5). Cette proclamation «a détruit tous les efforts des pères conciliaires qui. .. s’étaient ingéniés à éviter autant que possible les déclarations de nature à. ..donner de l’extension au dogme marial et à choquer les protestants» {«Christ U. Welt», cité par S. CE. P. I., 3 déc. 1964).

Le 11 octobre 1963, le pape a terminé une allocution aux pères du Concile et aux fidèles par cette prière à la Sainte Vierge: «O Marie, nous vous prions pour nos frères encore séparés de notre famille catholique. Voyez comment, parmi eux, une phalange glorieuse célèbre votre culte avec fidélité et amour. Voyez comment parmi d’autres, si résolus à se dire chrétiens, commence à renaître aujourd’hui votre souvenir et votre culte, ô Vierge très bonne. Appelez avec nous tous ces fils, qui sont vôtres, à la même unité sous votre protection maternelle et céleste» («Documentation Catholique», 3 novembre 1963).

Le cardinal Doepfner, de Munich, dont les interventions au Concile ont été souvent remarquées, vient de déclarer à son tour: «Amoindrir dans l’Eglise le culte de la Vierge Marie serait un malentendu et une mauvaise interprétation des enseignements du Concile. ..Nous voulons approfondir et enraciner encore plus fort dans ce mystère du Christ le riche héritage laissé à l’Eglise par la Vierge Marie. Elle a un grand rôle à jouer dans l’Eglise, qui voit en elle son image originelle» {«Figaro», 28 déc. 1964).

Le dogme romain: Dans son livre récent sur l’Unité, le cardinal Béa répète des dizaines de fois: 1°) que l’enseignement romain, étant infaillible, ne saurait subir dans son essence aucune modification; 2°) que l’Eglise catholique étant la seule vraie Eglise du Christ, l’unité finale ne peut être envisagée que par le retour de tous les baptisés orthodoxes et protestants au bercail du successeur de saint Pierre. Ce caractère intangible du dogme catholique n’a cessé d’être proclamé clairement par Jean XXIII, Paul VI et tous les porte-parole de Rome. Le professeur E. Schlink, observateur de l’Eglise Evangélique d’Allemagne à Vatican Il, après avoir noté que les délibérations conciliaires sont « révolutionnaires» pour l’Eglise romaine, ajoute: «Aucune des resolutions jusqu’ici adoptées n’a «rapporté, modifié ou même réinterprété de manière satisfaisante un seul des dogmes qui divisent la chrétienté » (S. CE. P. I., 17 déc.1964).

Cela n’a pas empêché le professeur de théologie protestant O. Cullmann de déclarer que Vatican Il «n’a fermé aucune porte ». Dans une interview accordée au journal «Le Monde », M. Cullmann reconnaît que les textes élaborés au Concile sont décevants, car la plupart sont des textes de compromis. Le Concile actuel est lié par celui du Vatican I (en 1870, où fut proclamée l’infallibilité pontificale), et par les dogmes mariaux antérieurs, inchangeables eux aussi. Mais il ajoute: «Je ne partage pas le pessimisme de certains qui s’exprime dans ce slogan: «II ne sortira rien de ce Concile! » Tous les textes sont formulés de telle sorte qu’aucune porte n’est fermée, et qu’ils ne seront pas un obstacle à la future discussion entre catholiques ni au dialogue avec les non-catholiques, comme le sont les décisions des Conciles antérieurs » (cité par «Vie Protestante », 23 oct. 1964). -Puisque les dogmes romains sont infaillibles (voir les anathèmes du Concile de Trente), on se demande sur quoi porte la discussion. ..Si la porte n’est pas fermée, elle ne l’est qu’à sens unique et ne nous paraît conduire qu’au bercail de saint Pierre.

(à suivre)
Extrait avec autorisation du périodique «Le Chrétien évangélique »

(2 Tim.1, 7-9)

«Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d’amour e! de prudence.»

Timide = qui manque de hardiesse et d’assurance, dit le dictionnaire. Dieu, en vue du but qu’il s’est proposé, nous a adressé une «VOCATION SAINTE», et pour cette vocation, il nous revêt:

de force – par quoi nous devons comprendre force de caractère, maîtrise de soi, tranquillité d’esprit, toutes choses qui sont contraires à la timidité. Une stabilité nouvelle, créée par le Saint-Esprit de Dieu qui nous donne l’assurance du salut; un contrôle de soi-même qui peut ne pas être naturel, mais qui est le résultat du travail de cet Esprit.

d’amour – de compréhension, de compassion, de pardon, amour qui n’est pas mollesse, ni faiblesse, mais qui prend part aux malheurs du prochain, qui comprend le pécheur et repousse le péché.

de prudence – mieux encore discipline personnelle, d’intelligence avertie, de jugement balancé, nuancé, sans laisser-aller.

Etes-vous craintif de nature, manquez-vous d’assurance, avez-vous ce qu’on appelle un complexe d’infériorité, craignez-vous de vous affirmer? Lisez les lettres à Timothée. C’était un timide de nature, et l’apôtre l’encouragea. Notez ceci: Dieu DONNE UN AUTRE ESPRIT que celui que vous aviez précédemment. Il donne gratuitement. Alors, demandez, priez. Il vous DONNERA.

Le but de nos études est de faire connaître et comprendre (Ps. 82, 5) les pensées de Dieu révélées dans sa Parole, afin de vivre dans la lumière. Dans un monde où Satan règne pour obscurcir la vérité, voire même la cacher, il importe que le juste – sauvé par la foi en Jésus-Christ – connaisse «les fondements» de la vérité divine.

Les lignes suivantes ne veulent être qu’un canevas de «la saine doctrine», telle que la Parole de Dieu nous la montre. Cet enseignement est à la fois christologique (Matth. 7, 28; 1 Cor. 2, 1-2) et apostolique (Act. 2, 42) ; il comprend l’ensemble des vérités divines.

I L’INSPIRATION VERBALE DE LA BIBLE

La pierre de touche de tout ce qui suit est la doctrine de l’inspiration des Ecritures. «Toute Ecriture est inspirée de Dieu» (2 Tim. 3, 16). Nous possédons aujourd’hui suffisamment de preuves, devant lesquelles tout homme sincère doit s’incliner. La Bible est la révélation de Dieu à l’égard de l’homme. Ce n’est pas un livre ecclésiastique quelconque, ni un ouvrage symbolique ou philosophique. C’est simplement «la Parole de Dieu» qui ne se laisse pas discuter. Des hommes de Dieu, poussés par l’Esprit, rédigèrent les 66 livres de cette divine Bibliothèque (2 Pi. 1, 21 ). Tout en gardant leur caractère et leur personnalité, ils furent de simples véhicules utilisés pour transmettre intégralement les pensées divines. C’est un miracle et un miracle ne s’explique pas. On peut l’accepter ou le rejeter; mais le fait est là.

Il LA TRINITÉ DE DIEU

Il en est de ce terme comme d’autres: la doctrine de la trinité de Dieu se trouve clairement révélée dans la Bible, bien que cette expression n’y soit pas mentionnée. Lucien déjà, rhéteur et philosophe grec du 2me siècle, fait confesser le chrétien dans son «Philopatris»: «le Dieu exalté …Fils du Père, Esprit procédant du Père, l’Un d’entre les Trois et Trois d’entre Un.» Le terme même fut employé formellement pour la première fois lors du synode en 317 à Alexandrie.

Cela ne signifie rien d’autres que tri-unité. La déité est une trinité, une unité qui possède 3 personnes distinctes ayant la même vie et la même essence.

L’ANCIEN TESTAMENT

Nous y voyons une révélation progressive qui trouve sa complète manifestation dans le Nouveau Testament. Des allusions claires et sans équivoques devaient ouvrir les yeux des personnes pieuses du temps du Seigneur.

Gen. 1,1: «Au commencement Dieu.» Ce terme «ELOHIM» est au pluriel et Moïse l’emploie quelque 500 fois. A remarquer qu’à chaque reprise le verbe qui l’accompagne est au singulier, ce qui prouve bien l’unité dans la pluralité des Personnes de la Déité.
Gen. 1,26: «Et Dieu dit: Faisons l’homme selon notre ressemblance»
Gen. 3, 22: «Voici l’homme est devenu comme l’un de nous»
Es. 48, 16: «Le Seigneur l’Eternel» – Dieu le Père
«m’a envoyé» – Dieu le Fils
«et son Esprit» -Dieu le Saint-Esprit
Zach. 12, 10: «Et je répandrai» -Dieu le Père
«un esprit de grâce» – Dieu le Saint-Esprit
«ils se lamenteront sur lui» -Dieu le Fils

LE NOUVEAU TESTAMENT

Il dévoile clairement cette vérité et nous confirme que la déité se compose de 3 Personnes: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint- Esprit (Matth. 28, 19; Jean 1:1; Jean 5:3-4; Jean 8:54).

La trinité de Dieu est déjà engagée lors du baptême du Seigneur (Matth. 3, 13-17). On ne peut, à ce sujet, s’exprimer plus clairement que le Seigneur le faisait dans Jean 14:16-26: «Mais le Consolateur, l’Esprit-Saint (3ème Personne) que le Père (1ère Personne) enverra en mon nom (2ème Personne).»

La grande bénédiction apostolique nous laisse «la grâce du Seigneur Jésus-Christ», «l’amour de Dieu» et «la communion du Saint-Esprit» (2 Cor. 13, 13).

D’ailleurs, l’homme lui-même est une trinité composée de l’esprit, de l’âme et du corps. Il est attaqué par une autre trinité: le monde autour de lui, la chair en lui, et le diable au-dessous de lui. La loi du péché en lui est également représentée par une trinité:la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Et, enfin, il peut être sauvé par la trinité divine: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit.

III JÉSUS-CHRIST

1. Sa Divinité

Jean 1, 1-3 suffirait pour établir cette vérité bénie:
Au commencement était la Parole» (le Verbe dans son existence éternelle)
cet la Parole était auprès de Dieu» (le Verbe dans son existence personnelle)
et la Parole était Dieu» (le Verbe dans son essence divine)

2. Son incarnation

Il est «Dieu manifesté en chair» (1 Tim. 3, 16). Ce mystère, dans lequel même les anges désirent plonger leurs regards, nous a été révélé. Les 7 degrés de son abnégation nous sont donnés en Phil. 2, 7-9. Aucune difficulté n’est inconnue du Seigneur qui a été tenté comme nous; Il peut donc nous accorder miséricorde et secours au moment opportun (Hébr. 4, 15-16). Ami qui souffres, confie-toi en Lui, car son nom est «Merveilleux».

3. Son CEuvre rédemptrice

Rom. 4, 25 dit: «Jésus, notre Sauveur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification».
L’Ancien Testament y fait continuellement allusion (Ex. 12, Ps.22, Es.53).
Les Evangiles en sont la réalisation
Les Actes le proclament
Les Epîtres l’expliquent
L’Apocalypse, enfin, décrit la destruction de ceux qui ont rejeté cette oeuvre.

(à suivre)