Le fardeau de la dépression (3)

Dans les 2 derniers numéros de Promesses, le pasteur Peter Masters a défini les différentes formes que peut prendre la dépression, décrit quelques facteurs qui la déclenchent, et indiqué des stratégies de redressement.

En introduction de cet article, on formulera quelques conseils importants dans la pratique de la relation d’aide avec un dépressif. Premièrement, il ne paraît pas souhaitable, ni utile, que les croyants touchés par ce mal soient aidés et suivis par la moitié de l’assemblée, car la dépression tombée «dans le domaine public» conduit à coup sûr à une recherche ou une soif exagérée de marques de sympathie, jusqu’à en rendre le malade dépendant. Ensuite il faut insister sur le rôle vital du sommeil, même si la plupart des dépressifs n’en sentent pas la valeur. Nous devons affirmer que le sommeil est une compensation normale lors d’un tel épuisement physique, psychique et moral. En dernier lieu, on évitera tant que possible d’aborder des thèmes conflictuels à une heure avancée de la nuit, de peur que l’angoisse s’installe jusqu’au petit matin.

Voici les prises de conscience et les attitudes correctives qui devraient ponctuer le retour d’un dépressif à la vie normale:

1) Admettre le côté irrationnel de la maladie

Les personnes qui traversent la vallée de la dépression devraient être conduites, peu à peu, à admettre qu’elles ont une forme de pensée moins rationnelle que d’habitude, puisque par définition cet état est caractérisé par les jugements négatifs et les conclusions pessimistes. David en donne la description en l Sam 27.1 : Je périrai un jour par la main de Saül; il n’y a rien de mieux pour moi que de me réfugier au pays des Philistins. Dans son découragement et son anxiété, David développe une vision déformée de la situation. Toute l’évidence de la puissance protectrice de Dieu sur lui s’évanouit de par la surestimation des dangers environnants. Pour la seconde fois il paraît incapable de se souvenir de l’onction et des affirmations de Dieu en relation avec la royauté à laquelle il est destiné. Sa souffrance intérieure affaiblit sa foi au point de le faire succomber à une folle attitude de fuite et d’abandon. La dépression doit être reconnue comme une atteinte de l’être intérieur tendant à déformer les choses et à ébranler les certitudes, oscillant du simple doute à l’incrédulité ouverte. Par conséquent, il est vital de rééquilibrer le fonctionnement et la faculté de penser de celui que nous voulons aider!

2) Refuser les coups de tête

Aussi longtemps qu’une personne n’est pas complètement hors d’affaire, il faudrait l’empêcher de prendre des grandes décisions. Je connais une quantité de gens qui ont commis des actes plus qu’absurdes en pleine phase d’irréalité, tels que quitter leur emploi, déménager ou briser une amitié; ils en arrivent à développer des situations préjudiciables pour tout le monde; j’ai vu des pasteurs s’écarter de l’église et des anciens, des missionnaires se désintéresser de leur service. A chaque fois, ils sont convaincus que leur situation est insoutenable, leur travail une faillite, leurs collègues antipathiques et que toute espérance de bénédiction est vaine. S’il faut dissuader un dépressif de défaire et briser son oeuvre par un coup de tête, il faut en revanche lui souligner l’obéissance à la volonté de Dieu et chercher à la découvrir avec un esprit sain (cf 2 Tim 1.7 v.a.), en le persuadant que les décisions prises sous le coup du découragement sont émotionnelles et déséquilibrées. Pour arriver à ce résultat, je pense qu’il faut protéger la personne des autres croyants, bien intentionnés, mais formant un cercle de pseudo-psychiatres peu qualifiés !

3) Discerner l’activité du diable

Au cours de l’approche pastorale de celui qui souffre d’abattement, on peut lui expliquer la signification du combat spirituel décrit en Ephésiens 6, même s’il connaît ce thème. Il n’est pas inutile de rappeler que le diable est cruel au point d’attaquer durement celui qui est par terre. Il faut dire aussi que les pensées les plus cyniques, incrédules, accusatrices et pessimistes sont suscitées par Satan. S’il ne peut pas ôter le salut d’un enfant de Dieu, il peut, pour un temps, lui enlever toute joie et toute paix dans la foi et le pousser dans les extrêmes limites de l’angoisse.

4) S’appuyer sur la Parole

Une des caractéristiques de la dépression réside dans le fait que la rébellion et la tromperie propres au coeur humain accablent le malade au point qu’il se croit continuellement sous la condamnation de Dieu. Il incombe au pasteur d’être très clair et de revenir fermement sur l’enseignement biblique des deux natures du croyant sans esquiver le conflit entre la nouvelle nature donnée par Dieu et la vieille nature charnelle déchue. Malgré la turpitude de la vieille nature, il faut reconnaître les marques de la nouvelle, car c’est une réalité infiniment précieuse. Lorsqu’on perd de vue cette doctrine, on se met immédiatement au service de la vieille nature. La nouvelle nature doit être considérée comme le «vrai moi», et la vieille comme un «squatter» blessant qui sera finalement expulsé au seuil de l’éternité. Romains 7, après un dur constat, enseigne une totale délivrance grâce à la force de Jésus-Christ.

5) Exercer sa foi

L’exercice de la foi paraît souvent hors de question pour un dépressif. Il n’éprouve aucune assurance et ne tente rien pour s’approcher de Dieu. Il fait penser à un naufragé qui s’agrippe désespérément à une pièce de bois, sans rien voir d’autre à l’horizon qu’une tempête et des requins! Dans le texte du Psaume 42.6 et 50.15 on lit que l’abattement et la détresse ne suppriment pas la foi; au contraire, l’espérance, la louange et la délivrance prennent la place de la tristesse. Le texte d’Esaïe 50.10, bien connu pour les temps d’obscurité, nous donne l’assurance que l’expression de la foi ne dépend pas de ce que l’on sent: Quiconque marche dans l’obscurité et manque de lumière, qu’il se confie dans le nom de l’Eternel, et qu’il s’appuie sur son Dieu. Il faut oser déclarer qu’il y a des périodes dans la vie, et la dépression en est une, où la faculté de sentir et la force de l’assurance ne sont pas nécessaires à l’exercice de la foi. Assommé par une espèce de torpeur, l’enfant de Dieu connaît l’impasse, mais il lui est demandé de s’appuyer sur son Dieu, de considérer la prière comme un devoir plus qu’un besoin en l’absence de sentiments. C’est la forme la plus élevée de l’adoration, elle est précieuse pour Dieu. Cela s’appelle la foi nue, c’est un noble cri, une loyale adoration que nous trouvons dans le Psaume 130. 1, 5, 6: Du fond de l’abîme je t’invoque, ô Eternel!… J’espère en l’Eternel, mon âme espère, et j’attends sa promesse. Mon âme compte sur le Seigneur, plus que les gardes sur le matin, que les gardes sur le matin.

C’est au plus bas de sa forme que Job prouve son attachement à Dieu; dépourvu de joie et de réconfort, terrassé par les épreuves, il donne toute la gloire à Dieu. Il faut rappeler à celui qui est touché par la grande lassitude que provoque la dépression, que son bien-être spirituel repose entièrement sur l’oeuvre de Christ et non sur ses performances, et lui dire que la période qu’il traverse en ce moment lui permet de fixer son esprit sur les mérites et la justice de Christ, sur son oeuvre parfaite et achevée. Si nos élans de foi ont de la valeur devant Dieu lorsque nous nous sentons heureux et bénis, quel prix ont-ils lorsque nous sommes perdus dans les brumes de la dépression! C’est pourquoi l’impératif de se confier dans le nom de l’Eternel et de s’appuyer sur Dieu (cf Esaïe 50.10) sauvera les dépressifs du pire symptôme de cet état, à savoir l’amour de soi.

6) Persévérer dans la prière

La prière est un exercice pénible quand il y a désintérêt spirituel et difficulté à se sortir de ses propres misères. Lorsque le dépressif prie, c’est un appel au secours continuel; l’engorgement de ses pensées fait penser à un automobiliste qui tente de se maintenir à une distance de 4 ou 5 voitures en pleine circulation alors que l’espace se comble au fur et à mesure. La source intarissable des perceptions négatives se combat Bible en main pour amener à considérer les promesses de Dieu. La lecture de la Parole de Dieu permet de redécouvrir les justes proportions des choses.

De plus, elle pousse à la consécration, à la louange et à la repentance. Il faut limiter la lecture à 10 ou 15 versets dans certains cas, jusqu’à ce que l’influence de l’Ecriture sainte pénètre, noyaute l’obsession personnelle et subordonne l’âme abattue. La persévérance dans la prière est une tâche que le dépressif doit accomplir, non seulement pour sortir de son tunnel, mais pour honorer Dieu. Nous avons le devoir, comme pasteurs, de rappeler le texte d’Ephésiens 6.18… toutes sortes de prières. Le découragement et la blessure intérieure ne dispensent pas des devoirs fondamentaux du chrétien. En dépit du mal-être qui enlise dans l’égoïsme et l’indifférence aux autres, il faut batailler sans faiblir pour amener un croyant démoralisé à sonder l’Ecriture Sainte, à louer Dieu, à le remercier pour son salut, pour la vie nouvelle en Jésus-Christ, l’inviter à persévérer dans la prière et croire, malgré la tristesse de ses sentiments, que Dieu est fidèle, qu’il donne la glorieuse promesse de bonheur éternel, qui surpasse de loin les afflictions présentes.

Dans cet article, je me suis efforcé de fournir une panoplie biblique concrète pour lutter contre la dépression, mais je ne cache pas que souvent tout est par terre le lendemain d’un entretien pastoral et qu’il faut alors recommencer à zéro, rappeler sans cesse que la prière est un ministère que Dieu attend des croyants en dépit de la sensibilité spirituelle engourdie. L’esprit peut être fatigué, diminué, tourmenté et accablé, mais un véritable enfant de Dieu demeure un sacrificateur pour son Père (cf Apocalypse 1.6).

P.M.

les articles plus lus

En présentant le premier numero de PROMESSES

à nos frères en la foi, nous pensons bien faire d’exposer les principes qui seront à la base de ce «Cahier d’études bibliques».

Nous chercherons à être utiles à tous, à l’église de Dieu d’abord, c’est-à-dire au Chef de l’église, Christ, mais aussi à ceux pour qui la Parole est précieuse, à ceux qui désirent étudier et obéir.

Les bulletins, feuilles de renseignements, journaux mensuels ou trimestriels foisonnent. Tous, ou presque, apportent des nouvelles missionnaires ou d’évangélisation. Ce qu’on recherche ici est beaucoup plus un cahier comportant exclusivement des études bibliques ou se rapportant spécifiquement à la Parole.

La plupart des assemblées de «frères» issues du mouvement datant des années 20-30 du siècle écoulé semblent vivre au ralenti, l’esprit missionnaire mis à part. Comme dans tout mouvement, certaines vérités ont été poussées en «épingle», d’autres ont été négligées; des intérêts particuliers ont pris le pas sur les valeurs spirituelles. Nous assistons à un rétrécissement sérieux de l’influence, de l’action que devraient avoir des églises de foi, c’est-à-dire formées d’enfants de Dieu véritables, scellés par l’Esprit de Dieu.

En toute humilité, nous désirons demander au Seigneur sa lumière, afin de marcher selon sa grâce, en fidélité, devant sa face. Nous ne saurions prétendre connaître tout ce que Dieu veut pour les siens et son église, mais notre désir est d’apporter ce qui, aujourd’hui, est utile pour l’édification et la consolation de nombreux enfants de Dieu. Précisons que nous ne voudrions pas représenter un point de vue particulier, mais étudier la Parole, en respectant la sainteté de Dieu.

Chaque étude signée restera sous la responsabilité de son auteur. L’enseignement de ces pages semble devoir être d’une étendue qui surprendra peut-être. Notre désir est, à la fois, de présenter des études fouillées pour le chrétien avancé, mais aussi des explications de termes, de langage, pour ceux qui ne connaissent pas notre langue d’une manière approfondie.

A titre d’essai, nous ferons parvenir un certain nombre d’exemplaires au monde francophone d’outre-mer. Il faudra ainsi tenir compte de ce champ de diffusion.

De divers côtés, sinon dans nos vieux pays, on demande, en effet, une littérature chrétienne plus abondante, basée sur la Bible, la Parole de Dieu. Quelques-uns d’entre nous ont cru devoir répondre à ce désir. Nous plaçons ces cahiers sous le regard du «Chef», demandant à Dieu sa bénédiction pour rendre témoignage à la Vérité.

Les éditeurs

Où nous mène la formidable évolution qui soulève le monde chrétien tout entier? En cette période d’après le Concile du Vatican Il, il est utile de dresser un bilan des faits, même provisoire, et de procéder à un tour d’horizon général.

Eléments positifs de l’évolution catholique: Incontestablement, des mouvements intéressants se font sentir dans l’Eglise romaine: étude et diffusion de la Bible en voie de développement, dialogue engagé avec les autres confessions, reconnaissance du fait que les communautés des «frères séparés» protestants peuvent porter le titre d’églises, admission d’une part de responsabilité dans la rupture du XVIe siècle. Au cours du Concile du Vatican Il, l’opinion a été exprimée à maintes reprises que l’Eglise catholique avait besoin d’un renouveau si elle voulait réellement entreprendre le dialogue avec les églises non-romaines. Il y eut des discussions très libres, suivies de votes positifs impressionnants, par exemple sur la collégialité des évêques gouvernant l’Eglise avec le pape, l’usage de la langue vulgaire dans le culte, l’oecuménisme, la liberté religieuse, la limitation des naissances, le peuple juif, l’Ecriture Sainte et la Tradition, etc.

Fin décevante de Vatican Il: Rappelons quelques faits justifiant cette impression de l’ensemble des observateurs non catholiques.

La collégialité des évêques doit être entendue de telle manière que la primauté du pape demeure intacte. La structure monarchique de l’Eglise romaine n’en sera pas affectée, le pape reste le souverain absolu. Le collège épiscopal n’a aucune autorité sans ce dernier. Paul VI, dans son discours d’ouverture à la troisième session, ne s’en est pas référé moins de sept fois à sa primauté, et le mot-clé qu’il a constamment utilisé était celui de «hiérarchie sacrée». Le pasteur G. Richard-Molard estime qu’un tel discours «ne peut guère qu’hérisser la plupart des chrétiens non catholiques romains» («Messager Social», 10 déc.; S. CE- P. I., 1er oct.; 24 sept. 1964).

Il est clair, selon le même pasteur, «que l’Eglise catholique est toujours placée sous l’unique pouvoir de l’Eglise romaine. Or, il ne s’agit pas là d’une découverte de La Palice, mais d’une situation, chaque jour plus insupportable pour les catholiques eux-mêmes. Cette direction totalitaire italienne, ou pire encore, romanisée, possède encore tous les leviers de commande» («Christianisme au XXe siècle», 29 oct. 1964). Cela n’empêche pas qu’une seconde force «se manifeste par l’esprit nouveau qui anime une partie toujours plus large du catholicisme non italien. Il ne faut pas s’imaginer que cet esprit ait changé en quoi que ce soit la masse, mais il passe sur quelques centaines d’évêques, sur de nombreux prêtres et sur une élite de laïcs» (ibid.).

La Vierge Marie a été proclamée Mère de l’Eglise, sans l’avis des pères conciliaires, par Paul VI, qui lui a consacré la moitié de son discours de clôture {cf. «Chrétien Evangélique», déc. 1964, p. 5). Cette proclamation «a détruit tous les efforts des pères conciliaires qui. .. s’étaient ingéniés à éviter autant que possible les déclarations de nature à. ..donner de l’extension au dogme marial et à choquer les protestants» {«Christ U. Welt», cité par S. CE. P. I., 3 déc. 1964).

Le 11 octobre 1963, le pape a terminé une allocution aux pères du Concile et aux fidèles par cette prière à la Sainte Vierge: «O Marie, nous vous prions pour nos frères encore séparés de notre famille catholique. Voyez comment, parmi eux, une phalange glorieuse célèbre votre culte avec fidélité et amour. Voyez comment parmi d’autres, si résolus à se dire chrétiens, commence à renaître aujourd’hui votre souvenir et votre culte, ô Vierge très bonne. Appelez avec nous tous ces fils, qui sont vôtres, à la même unité sous votre protection maternelle et céleste» («Documentation Catholique», 3 novembre 1963).

Le cardinal Doepfner, de Munich, dont les interventions au Concile ont été souvent remarquées, vient de déclarer à son tour: «Amoindrir dans l’Eglise le culte de la Vierge Marie serait un malentendu et une mauvaise interprétation des enseignements du Concile. ..Nous voulons approfondir et enraciner encore plus fort dans ce mystère du Christ le riche héritage laissé à l’Eglise par la Vierge Marie. Elle a un grand rôle à jouer dans l’Eglise, qui voit en elle son image originelle» {«Figaro», 28 déc. 1964).

Le dogme romain: Dans son livre récent sur l’Unité, le cardinal Béa répète des dizaines de fois: 1°) que l’enseignement romain, étant infaillible, ne saurait subir dans son essence aucune modification; 2°) que l’Eglise catholique étant la seule vraie Eglise du Christ, l’unité finale ne peut être envisagée que par le retour de tous les baptisés orthodoxes et protestants au bercail du successeur de saint Pierre. Ce caractère intangible du dogme catholique n’a cessé d’être proclamé clairement par Jean XXIII, Paul VI et tous les porte-parole de Rome. Le professeur E. Schlink, observateur de l’Eglise Evangélique d’Allemagne à Vatican Il, après avoir noté que les délibérations conciliaires sont « révolutionnaires» pour l’Eglise romaine, ajoute: «Aucune des resolutions jusqu’ici adoptées n’a «rapporté, modifié ou même réinterprété de manière satisfaisante un seul des dogmes qui divisent la chrétienté » (S. CE. P. I., 17 déc.1964).

Cela n’a pas empêché le professeur de théologie protestant O. Cullmann de déclarer que Vatican Il «n’a fermé aucune porte ». Dans une interview accordée au journal «Le Monde », M. Cullmann reconnaît que les textes élaborés au Concile sont décevants, car la plupart sont des textes de compromis. Le Concile actuel est lié par celui du Vatican I (en 1870, où fut proclamée l’infallibilité pontificale), et par les dogmes mariaux antérieurs, inchangeables eux aussi. Mais il ajoute: «Je ne partage pas le pessimisme de certains qui s’exprime dans ce slogan: «II ne sortira rien de ce Concile! » Tous les textes sont formulés de telle sorte qu’aucune porte n’est fermée, et qu’ils ne seront pas un obstacle à la future discussion entre catholiques ni au dialogue avec les non-catholiques, comme le sont les décisions des Conciles antérieurs » (cité par «Vie Protestante », 23 oct. 1964). -Puisque les dogmes romains sont infaillibles (voir les anathèmes du Concile de Trente), on se demande sur quoi porte la discussion. ..Si la porte n’est pas fermée, elle ne l’est qu’à sens unique et ne nous paraît conduire qu’au bercail de saint Pierre.

(à suivre)
Extrait avec autorisation du périodique «Le Chrétien évangélique »

(2 Tim.1, 7-9)

«Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d’amour e! de prudence.»

Timide = qui manque de hardiesse et d’assurance, dit le dictionnaire. Dieu, en vue du but qu’il s’est proposé, nous a adressé une «VOCATION SAINTE», et pour cette vocation, il nous revêt:

de force – par quoi nous devons comprendre force de caractère, maîtrise de soi, tranquillité d’esprit, toutes choses qui sont contraires à la timidité. Une stabilité nouvelle, créée par le Saint-Esprit de Dieu qui nous donne l’assurance du salut; un contrôle de soi-même qui peut ne pas être naturel, mais qui est le résultat du travail de cet Esprit.

d’amour – de compréhension, de compassion, de pardon, amour qui n’est pas mollesse, ni faiblesse, mais qui prend part aux malheurs du prochain, qui comprend le pécheur et repousse le péché.

de prudence – mieux encore discipline personnelle, d’intelligence avertie, de jugement balancé, nuancé, sans laisser-aller.

Etes-vous craintif de nature, manquez-vous d’assurance, avez-vous ce qu’on appelle un complexe d’infériorité, craignez-vous de vous affirmer? Lisez les lettres à Timothée. C’était un timide de nature, et l’apôtre l’encouragea. Notez ceci: Dieu DONNE UN AUTRE ESPRIT que celui que vous aviez précédemment. Il donne gratuitement. Alors, demandez, priez. Il vous DONNERA.

Le but de nos études est de faire connaître et comprendre (Ps. 82, 5) les pensées de Dieu révélées dans sa Parole, afin de vivre dans la lumière. Dans un monde où Satan règne pour obscurcir la vérité, voire même la cacher, il importe que le juste – sauvé par la foi en Jésus-Christ – connaisse «les fondements» de la vérité divine.

Les lignes suivantes ne veulent être qu’un canevas de «la saine doctrine», telle que la Parole de Dieu nous la montre. Cet enseignement est à la fois christologique (Matth. 7, 28; 1 Cor. 2, 1-2) et apostolique (Act. 2, 42) ; il comprend l’ensemble des vérités divines.

I L’INSPIRATION VERBALE DE LA BIBLE

La pierre de touche de tout ce qui suit est la doctrine de l’inspiration des Ecritures. «Toute Ecriture est inspirée de Dieu» (2 Tim. 3, 16). Nous possédons aujourd’hui suffisamment de preuves, devant lesquelles tout homme sincère doit s’incliner. La Bible est la révélation de Dieu à l’égard de l’homme. Ce n’est pas un livre ecclésiastique quelconque, ni un ouvrage symbolique ou philosophique. C’est simplement «la Parole de Dieu» qui ne se laisse pas discuter. Des hommes de Dieu, poussés par l’Esprit, rédigèrent les 66 livres de cette divine Bibliothèque (2 Pi. 1, 21 ). Tout en gardant leur caractère et leur personnalité, ils furent de simples véhicules utilisés pour transmettre intégralement les pensées divines. C’est un miracle et un miracle ne s’explique pas. On peut l’accepter ou le rejeter; mais le fait est là.

Il LA TRINITÉ DE DIEU

Il en est de ce terme comme d’autres: la doctrine de la trinité de Dieu se trouve clairement révélée dans la Bible, bien que cette expression n’y soit pas mentionnée. Lucien déjà, rhéteur et philosophe grec du 2me siècle, fait confesser le chrétien dans son «Philopatris»: «le Dieu exalté …Fils du Père, Esprit procédant du Père, l’Un d’entre les Trois et Trois d’entre Un.» Le terme même fut employé formellement pour la première fois lors du synode en 317 à Alexandrie.

Cela ne signifie rien d’autres que tri-unité. La déité est une trinité, une unité qui possède 3 personnes distinctes ayant la même vie et la même essence.

L’ANCIEN TESTAMENT

Nous y voyons une révélation progressive qui trouve sa complète manifestation dans le Nouveau Testament. Des allusions claires et sans équivoques devaient ouvrir les yeux des personnes pieuses du temps du Seigneur.

Gen. 1,1: «Au commencement Dieu.» Ce terme «ELOHIM» est au pluriel et Moïse l’emploie quelque 500 fois. A remarquer qu’à chaque reprise le verbe qui l’accompagne est au singulier, ce qui prouve bien l’unité dans la pluralité des Personnes de la Déité.
Gen. 1,26: «Et Dieu dit: Faisons l’homme selon notre ressemblance»
Gen. 3, 22: «Voici l’homme est devenu comme l’un de nous»
Es. 48, 16: «Le Seigneur l’Eternel» – Dieu le Père
«m’a envoyé» – Dieu le Fils
«et son Esprit» -Dieu le Saint-Esprit
Zach. 12, 10: «Et je répandrai» -Dieu le Père
«un esprit de grâce» – Dieu le Saint-Esprit
«ils se lamenteront sur lui» -Dieu le Fils

LE NOUVEAU TESTAMENT

Il dévoile clairement cette vérité et nous confirme que la déité se compose de 3 Personnes: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint- Esprit (Matth. 28, 19; Jean 1:1; Jean 5:3-4; Jean 8:54).

La trinité de Dieu est déjà engagée lors du baptême du Seigneur (Matth. 3, 13-17). On ne peut, à ce sujet, s’exprimer plus clairement que le Seigneur le faisait dans Jean 14:16-26: «Mais le Consolateur, l’Esprit-Saint (3ème Personne) que le Père (1ère Personne) enverra en mon nom (2ème Personne).»

La grande bénédiction apostolique nous laisse «la grâce du Seigneur Jésus-Christ», «l’amour de Dieu» et «la communion du Saint-Esprit» (2 Cor. 13, 13).

D’ailleurs, l’homme lui-même est une trinité composée de l’esprit, de l’âme et du corps. Il est attaqué par une autre trinité: le monde autour de lui, la chair en lui, et le diable au-dessous de lui. La loi du péché en lui est également représentée par une trinité:la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Et, enfin, il peut être sauvé par la trinité divine: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit.

III JÉSUS-CHRIST

1. Sa Divinité

Jean 1, 1-3 suffirait pour établir cette vérité bénie:
Au commencement était la Parole» (le Verbe dans son existence éternelle)
cet la Parole était auprès de Dieu» (le Verbe dans son existence personnelle)
et la Parole était Dieu» (le Verbe dans son essence divine)

2. Son incarnation

Il est «Dieu manifesté en chair» (1 Tim. 3, 16). Ce mystère, dans lequel même les anges désirent plonger leurs regards, nous a été révélé. Les 7 degrés de son abnégation nous sont donnés en Phil. 2, 7-9. Aucune difficulté n’est inconnue du Seigneur qui a été tenté comme nous; Il peut donc nous accorder miséricorde et secours au moment opportun (Hébr. 4, 15-16). Ami qui souffres, confie-toi en Lui, car son nom est «Merveilleux».

3. Son CEuvre rédemptrice

Rom. 4, 25 dit: «Jésus, notre Sauveur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification».
L’Ancien Testament y fait continuellement allusion (Ex. 12, Ps.22, Es.53).
Les Evangiles en sont la réalisation
Les Actes le proclament
Les Epîtres l’expliquent
L’Apocalypse, enfin, décrit la destruction de ceux qui ont rejeté cette oeuvre.

(à suivre)