Trouver l’âme sœur et la volonté de Dieu : mission impossible ?

S’il y a quelque chose qui tracasse le jeune chrétien, c’est de discerner la volonté de Dieu : avec qui devrais-je me marier ? Comment savoir quelle est la bonne personne ? Ce questionnement se corse encore quand nous nous rappelons que Dieu a une « volonté parfaite » pour notre vie. Dieu n’a-t-il prévu qu’une seule personne avec qui je puisse me marier ? En d’autres mots : y a-t-il une seule personne sur la terre que je puisse épouser pour que le mariage fonctionne et que ce soit la volonté de Dieu ?

Bien que je ne sois pas en faveur de la polygamie, je crois qu’il est possible de se marier avec plus d’une personne (pas en même temps, bien sûr !). Disons premièrement que la volonté de Dieu dans le mariage n’est pas tellement de trouver la bonne personne, mais d’être la bonne personne. En effet, nous passons beaucoup de temps à essayer de trouver notre partenaire, mais qu’en est-il de nous ? Aspirons-nous à être un conjoint exemplaire ?

Nous nous appliquons longuement à dresser la liste de ce que nous attendons d’une future femme, à observer les nouvelles filles du groupe de jeunesse et à lire des livres sur les fréquentations afin de savoir comment choisir la bonne femme ou le bon mari, mais nous ne nous arrêtons pratiquement jamais pour nous poser la question suivante : suis-je la personne que Dieu veut que je sois pour ma future femme ou mon futur époux ? Il y a pourtant tellement de domaines à soigner dans nos vies en vue du mariage : suis-je capable de tenir un budget ? Suis-je fiable dans les petites tâches que j’ai à faire à la maison ? Et comment va ma relation avec Dieu ? Les réponses à ces questions seront de bons indicateurs de notre niveau moral et spirituel. Si vous osez, posez la question à vos amis : penses-tu que je sois prêt à me marier ? Suis-je patient ? Suis-je prompt à parler ? Suis-je capable d’écouter l’autre ? Suis-je un bon communicateur ? Quels sont mes défauts ? Voilà autant de compétences que nous pouvons développer afin d’être de meilleurs conjoints pour notre futur époux ou future épouse.

Deuxièmement, je crois fermement que Dieu ne nous appelle pas à un plan, mais bien à une relation. Une croyance populaire sur la volonté de Dieu est qu’il a un plan A pour notre vie qui est le meilleur. Dieu a aussi un plan B, au cas où nous ferions le mauvais choix, puis le plan C, et ainsi de suite. Si c’était vraiment le cas, j’aurais depuis bien longtemps dépassé le plan Z dans plusieurs domaines de ma vie ! Quand Adam et Ève ont péché, Dieu n’a pas pour autant été pris au dépourvu.

Dieu veut une relation d’amour avec nous, et le Saint-Esprit est là pour nous convaincre de péché, de justice et de jugement (Jean 16.8). Je crois fermement que la bonne personne, c’est celle à qui je dis « oui » le jour de notre mariage. Nul ne pourra jamais prétexter : «  Je me suis marié(e) avec la mauvaise personne, alors je vais divorcer et épouser la bonne. » Une fois que tu es marié(e), la volonté de Dieu, c’est que tu aimes ta femme ou ton mari !

Même s’il est possible que l’on puisse, tout en restant dans la volonté de Dieu, épouser ou Sandra, ou Sylvie ou Stéphanie, il se peut que dans certains cas, Dieu ait un avis. Pour donner un exemple concret, dans une situation donnée, j’avais une relation vraiment spéciale avec une fille. Nous avions un niveau d’intimité spirituelle vraiment élevé, mais nous n’étions pas encore prêts à prendre un engagement plus sérieux. Un beau jour, j’ai lu Colossiens 1.10, qui dit : « Marchez d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards. » Par son Esprit, Dieu m’a alors posé la question : « Jean-Sébastien, est-ce que cette relation me plaît ? ». « Bah… elle ne te déplaît pas » lui répondis-je. « Mais est-ce qu’elle me plaît ? Est-ce qu’elle me fait plaisir ? »

Je connaissais la réponse, mais je ne voulais pas trop l’affirmer. Dieu me montrait qu’il n’était pas d’accord qu’une si grande intimité se forme sans qu’il y ait un engagement en vue. Je savais que j’aurais à prendre quelque distance afin de plaire à Dieu (ou alors il nous faudrait nous engager réciproquement). Toujours est-il que je n’étais pas encore émotionnellement convaincu ! Mais Dieu n’avait pas dit son dernier mot ! Dans le cadre d’un petit groupe d’étude, j’ai partagé mes luttes et la « bergère » du groupe a dit : « Jean-Sébastien, n’attends pas que ce soit Dieu qui coupe car tu vas voir que cela ne fait pas du bien. »

Quelques minutes passent et Dieu commence à me parler : « Tu as une décision à prendre. Veux-tu plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu ? (Gal 1.10) La foi demande une action ! » Le coup de grâce m’a été donné lorsque nous avons tourné la page de notre livre d’étude et qu’une phrase m’a littéralement sauté aux yeux : « Le moment où Dieu vous parle est le moment où Dieu veut que vous lui répondiez ». Dieu avait parlé…

Le Seigneur, parfois, va clairement faire passer le signal au rouge quant au choix d’une personne. Il est déjà arrivé que le Seigneur me signifie clairement « non ». Mais soyons bien conscients de la chose suivante : si Dieu me dit « non » et que je me marie quand même, à ce moment-là, la volonté de Dieu, c’est que j’aime ma femme selon ce qui est écrit dans la Bible (Éph 5.25). Donc, quoi qu’on en dise, la bonne personne est celle à qui je dis « oui » le jour de notre mariage.

En avançant cela, je ne veux pas donner l’impression que le choix d’un partenaire doit être fait de manière mystique. Je crois que Dieu nous a donné une tête, des sentiments, des émotions et aussi une direction dans notre vie. De nombreux indices peuvent converger en faveur du choix d’une personne. Dans la recherche de la volonté de Dieu, notre rôle est d’obéir à Dieu et d’être dépendants de lui par la prière. Son rôle à lui est de nous révéler sa volonté.

Le mariage et la souveraineté de Dieu

Dieu contrôle toute situation. Si nous retranchions de notre vie toutes les minutes où nous nous sommes inquiétés à propos de ceux que nous pourrions fréquenter et épouser, nous devrions ôter plusieurs années ! Paul écrit : « Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » (Phil 4.6-7) Il est intéressant de noter que Paul promet la paix dans deux domaines particulièrement agités lorsqu’il est question de fréquentations : nos cœurs et nos pensées.

Si nous nous inquiétons, nous désobéissons à Dieu qui nous a demandé de lui remettre toutes choses. Cela n’entraîne pas nous n’ayons pas de choix à faire ou que nous ne devions pas prendre du temps pour réfléchir sérieusement à la question. Plutôt, ne soyons pas obsédés par le mariage et les fréquentations.

N’ayons pas peur, Dieu est souverain. Sa responsabilité est de nous révéler sa volonté, et la nôtre est d’y obéir. Comme je le disais, Dieu nous appelle à une relation. Si nous restons proches de Dieu et attentifs à sa voix, nous n’avons aucune crainte à avoir ; nous épouserons la meilleure personne pour nous. Stacy Rinehart a écrit : « Dieu se soucie beaucoup plus de votre partenaire que vous ne pourriez le faire vous-mêmes. Sachant cela, pourquoi les fréquentations et le mariage sont-ils un domaine de lutte si grand parmi tant de chrétiens ?» 1 Comme il est écrit ; « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.» (Mat 6.33-34)

Comment faire pour savoir avec qui me marier ?

J’aimerais souligner que nos critères de choix sont très souvent immatures et superficiels. Être attiré émotionnellement par quelqu’un ne veut pas dire pour autant que nous soyons compatibles pour le mariage. L’apparence extérieure peut nous fasciner, mais nous devons l’empêcher de nous priver de notre capacité de jugement, car l’apparence peut être trompeuse ! Évitons de réduire l’autre à sa seule apparence. Stacy Rinehart écrit : « Considérez cette question : si vous étiez aveugles, vers quelle personne seriez-vous attiré ? Avec qui aimeriez-vous sortir ? La réponse à cette question vous dira le genre de fille qui vous attire en vous basant sur ses qualités et son caractère intérieur. » 2 Alors comment éviter des fréquentations bâties sur le seul motif d’une apparence extérieure à notre goût ?

Dans la Bible, amour et engagement à long terme vont de pair. La Parole nous encourage à réfléchir avant toute forme d’engagement (Luc 14.25-35). On ne peut pas se déclarer sérieusement sans connaître son futur conjoint. Ce serait donner un chèque en blanc à un inconnu !

La meilleure façon de « découvrir la perle rare » dans une perspective chrétienne saine, c’est d’entretenir de bonnes relations sociales avec les autres et de laisser Dieu agir. Si nous rencontrons tout le monde sur pied d’égalité, je suis convaincu que cela règlera beaucoup de problèmes d’approche de personnes du sexe opposé. Mais dans le cas où une relation se développerait au-delà de la cordialité ordinaire, comment puis-je discerner la volonté de Dieu ? La décision du mariage est sans nul doute l’une des plus grandes que nous ayons à prendre dans notre vie. Plusieurs facteurs importants peuvent la rendre plus sûre.

La Parole de Dieu : Une bonne décision ne peut jamais aller à l’encontre de la Parole de Dieu. Si la décision que vous voulez prendre transgresse un principe biblique, vous pouvez en être sûrs : vous faites fausse route.

Les circonstances : Sont-elles favorables ? Nos caractères sont-ils compatibles ? Sommes-nous à un bon moment dans notre vie ? Si l’autre personne se prépare à partir en mission pendant deux ans, ce n’est peut-être pas le bon moment pour commencer une relation.

Les frères et les sœurs en Christ : La Bible nous dit que « le salut est dans le grand nombre des conseillers » (Prov 11.14b). Nos leaders spirituels, nos amis et nos familles nous connaissent bien. Leurs conseils peuvent être primordiaux dans une décision aussi importante que le mariage. Gardons-nous cependant de privilégier des conseillers qui nous approuveraient quel que soit le choix que nous ferions.

La prière : Afin de prendre de bonnes décisions, il est primordial que nous soyons remplis de l’Esprit. Si nous avons une bonne relation avec Dieu, nous détecterons facilement les choix qui affecteraient négativement notre vie spirituelle. Bien que je croie que nous sommes libres de choisir entre plusieurs femmes (ou hommes), dans certains cas, la réponse de Dieu sera « non ». Ce le fut pour moi à un moment donné.… Non pas que ça n’aurait jamais marché si je m’étais marié avec cette fille, mais Dieu avait quelqu’un avec qui cela irait encore mieux. Soyons à l’écoute de Dieu ; il peut nous révéler de précieux secrets.

Nos désirs personnels : Bien que nos désirs ne nous portent pas toujours vers les meilleurs projets, il est primordial de tenir compte de nos désirs. Dieu nous a créés avec des sentiments et des désirs, et c’est pour que nous en tenions compte, tant et aussi longtemps, bien sûr, que nous restons dans les limites morales établies par Dieu.

Qu’en est-il des signes ? Doit-on demander à Dieu des signes pour savoir avec qui se marier ? Dans le cadre d’une mission solennelle qu’il voulait lui confier, Dieu s’était révélé à Gédéon et lui avait clairement exprimé sa volonté. Or, cela ne suffisait pas : il demanda donc des signes de confirmation. Ayant placé une toison de mouton par terre, il souhaita qu’elle soit mouillée de rosée alors que le terrain resterait sec, et ensuite qu’elle reste sèche alors que le terrain serait mouillé (Jug 6.36-40). Faut-il que nous aussi exigions des signes — par manque de foi ? Le grand risque avec les signes, c’est d’y rester tellement accrochés que nous finissons par ne plus voir les réponses déjà évidentes. Alors si les signes ne sont pas là, certains croyants commencent à douter que Dieu veuille qu’ils se marient et ressortent frustrés de leurs investigations. Leurs « toisons » deviennent même des obstacles dans leur recherche de la volonté de Dieu.

Mais plutôt que de se perdre dans des recherches mystiques ou exagérément subjectives, parcourons la liste qui suit, de manière à bien évaluer nos relations sentimentales. Cette liste pourra servir de guide de réflexion ou de discussion entre fiancés.

Questionnaire

Section spiritualité

1) Est-elle chrétienne ?

2) Est-elle engagée avec Dieu ?

3) Pouvez-vous exercer un ministère ensemble ?

4) Priez-vous souvent ensemble ?

5) Avez-vous une intimité spirituelle ?

6) Votre relation est-elle basée sur Christ ?

7) Votre relation plaît-elle à Dieu ?

8) Comment va ta propre relation avec Dieu ? Ta vie de prière ?

9) Avez-vous discuté du rôle de la femme et de l’homme dans le couple ?

10) Pour l’homme : Es-tu prêt à tenir la responsabilité de leader spirituel dans le couple ? Pour la femme : Es-tu prête à ce que cet homme soit le leader de la famille ?

Section psychologie et caractère

11) Avez-vous une bonne communication ?

12) Aime-t-elle les enfants ? Aime-t-il les enfants ?

13) Avez-vous déjà parlé du nombre d’enfants que vous voulez ?

14) Avez-vous du respect l’un pour l’autre ?

15) Êtes-vous capables de discuter et de poser des limites ensemble ?

16) Peux-tu envisager de passer ta vie avec elle ?

17) Tes amis sont-ils favorables à ta relation ?

18) Peux-tu l’imaginer mère (ou père) de tes enfants ?

19) Êtes-vous capable de passer de longs moments à parler ensemble, sans

vous lasser ?

20) Es-tu fier de l’être aimé ? Serais-tu fier de la présenter à tes amis ?

21) Que pensent tes amis, tes leaders spirituels de cette relation ?

22) Quelles sont les forces (qualités) et faiblesses (défauts) de l’être aimé ?

23) Êtes-vous capables de bien régler un conflit ?

24) Êtes-vous capables de vous amuser ensemble, de jouer à des jeux ?

25) Êtes-vous capables de faire confiance à l’autre ?

26) Suis-je à l’aise avec la carrière qu’elle a choisie ?

27) Êtes-vous prêts à vous engager à bâtir votre relation à long terme ?

Section physique

28) Avez-vous parlé des limites physiques dans votre relation ?

29) Sur quelles bases avez-vous choisi vos limites ?

30) Considères-tu que tu as dépassé tes limites ?

31) Vous êtes-vous entendus pour ne pas tomber dans des situations

compromettantes ?

32) Avez-vous clarifié le fait de ne pas avoir de relations sexuelles avant le mariage ?

« L’homme fait des projets, mais celui qui a le dernier mot, c’est l’Éternel.» (Prov 16.1)

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En présentant le premier numero de PROMESSES

à nos frères en la foi, nous pensons bien faire d’exposer les principes qui seront à la base de ce «Cahier d’études bibliques».

Nous chercherons à être utiles à tous, à l’église de Dieu d’abord, c’est-à-dire au Chef de l’église, Christ, mais aussi à ceux pour qui la Parole est précieuse, à ceux qui désirent étudier et obéir.

Les bulletins, feuilles de renseignements, journaux mensuels ou trimestriels foisonnent. Tous, ou presque, apportent des nouvelles missionnaires ou d’évangélisation. Ce qu’on recherche ici est beaucoup plus un cahier comportant exclusivement des études bibliques ou se rapportant spécifiquement à la Parole.

La plupart des assemblées de «frères» issues du mouvement datant des années 20-30 du siècle écoulé semblent vivre au ralenti, l’esprit missionnaire mis à part. Comme dans tout mouvement, certaines vérités ont été poussées en «épingle», d’autres ont été négligées; des intérêts particuliers ont pris le pas sur les valeurs spirituelles. Nous assistons à un rétrécissement sérieux de l’influence, de l’action que devraient avoir des églises de foi, c’est-à-dire formées d’enfants de Dieu véritables, scellés par l’Esprit de Dieu.

En toute humilité, nous désirons demander au Seigneur sa lumière, afin de marcher selon sa grâce, en fidélité, devant sa face. Nous ne saurions prétendre connaître tout ce que Dieu veut pour les siens et son église, mais notre désir est d’apporter ce qui, aujourd’hui, est utile pour l’édification et la consolation de nombreux enfants de Dieu. Précisons que nous ne voudrions pas représenter un point de vue particulier, mais étudier la Parole, en respectant la sainteté de Dieu.

Chaque étude signée restera sous la responsabilité de son auteur. L’enseignement de ces pages semble devoir être d’une étendue qui surprendra peut-être. Notre désir est, à la fois, de présenter des études fouillées pour le chrétien avancé, mais aussi des explications de termes, de langage, pour ceux qui ne connaissent pas notre langue d’une manière approfondie.

A titre d’essai, nous ferons parvenir un certain nombre d’exemplaires au monde francophone d’outre-mer. Il faudra ainsi tenir compte de ce champ de diffusion.

De divers côtés, sinon dans nos vieux pays, on demande, en effet, une littérature chrétienne plus abondante, basée sur la Bible, la Parole de Dieu. Quelques-uns d’entre nous ont cru devoir répondre à ce désir. Nous plaçons ces cahiers sous le regard du «Chef», demandant à Dieu sa bénédiction pour rendre témoignage à la Vérité.

Les éditeurs

Écrit par

Où nous mène la formidable évolution qui soulève le monde chrétien tout entier? En cette période d’après le Concile du Vatican Il, il est utile de dresser un bilan des faits, même provisoire, et de procéder à un tour d’horizon général.

Eléments positifs de l’évolution catholique: Incontestablement, des mouvements intéressants se font sentir dans l’Eglise romaine: étude et diffusion de la Bible en voie de développement, dialogue engagé avec les autres confessions, reconnaissance du fait que les communautés des «frères séparés» protestants peuvent porter le titre d’églises, admission d’une part de responsabilité dans la rupture du XVIe siècle. Au cours du Concile du Vatican Il, l’opinion a été exprimée à maintes reprises que l’Eglise catholique avait besoin d’un renouveau si elle voulait réellement entreprendre le dialogue avec les églises non-romaines. Il y eut des discussions très libres, suivies de votes positifs impressionnants, par exemple sur la collégialité des évêques gouvernant l’Eglise avec le pape, l’usage de la langue vulgaire dans le culte, l’oecuménisme, la liberté religieuse, la limitation des naissances, le peuple juif, l’Ecriture Sainte et la Tradition, etc.

Fin décevante de Vatican Il: Rappelons quelques faits justifiant cette impression de l’ensemble des observateurs non catholiques.

La collégialité des évêques doit être entendue de telle manière que la primauté du pape demeure intacte. La structure monarchique de l’Eglise romaine n’en sera pas affectée, le pape reste le souverain absolu. Le collège épiscopal n’a aucune autorité sans ce dernier. Paul VI, dans son discours d’ouverture à la troisième session, ne s’en est pas référé moins de sept fois à sa primauté, et le mot-clé qu’il a constamment utilisé était celui de «hiérarchie sacrée». Le pasteur G. Richard-Molard estime qu’un tel discours «ne peut guère qu’hérisser la plupart des chrétiens non catholiques romains» («Messager Social», 10 déc.; S. CE- P. I., 1er oct.; 24 sept. 1964).

Il est clair, selon le même pasteur, «que l’Eglise catholique est toujours placée sous l’unique pouvoir de l’Eglise romaine. Or, il ne s’agit pas là d’une découverte de La Palice, mais d’une situation, chaque jour plus insupportable pour les catholiques eux-mêmes. Cette direction totalitaire italienne, ou pire encore, romanisée, possède encore tous les leviers de commande» («Christianisme au XXe siècle», 29 oct. 1964). Cela n’empêche pas qu’une seconde force «se manifeste par l’esprit nouveau qui anime une partie toujours plus large du catholicisme non italien. Il ne faut pas s’imaginer que cet esprit ait changé en quoi que ce soit la masse, mais il passe sur quelques centaines d’évêques, sur de nombreux prêtres et sur une élite de laïcs» (ibid.).

La Vierge Marie a été proclamée Mère de l’Eglise, sans l’avis des pères conciliaires, par Paul VI, qui lui a consacré la moitié de son discours de clôture {cf. «Chrétien Evangélique», déc. 1964, p. 5). Cette proclamation «a détruit tous les efforts des pères conciliaires qui. .. s’étaient ingéniés à éviter autant que possible les déclarations de nature à. ..donner de l’extension au dogme marial et à choquer les protestants» {«Christ U. Welt», cité par S. CE. P. I., 3 déc. 1964).

Le 11 octobre 1963, le pape a terminé une allocution aux pères du Concile et aux fidèles par cette prière à la Sainte Vierge: «O Marie, nous vous prions pour nos frères encore séparés de notre famille catholique. Voyez comment, parmi eux, une phalange glorieuse célèbre votre culte avec fidélité et amour. Voyez comment parmi d’autres, si résolus à se dire chrétiens, commence à renaître aujourd’hui votre souvenir et votre culte, ô Vierge très bonne. Appelez avec nous tous ces fils, qui sont vôtres, à la même unité sous votre protection maternelle et céleste» («Documentation Catholique», 3 novembre 1963).

Le cardinal Doepfner, de Munich, dont les interventions au Concile ont été souvent remarquées, vient de déclarer à son tour: «Amoindrir dans l’Eglise le culte de la Vierge Marie serait un malentendu et une mauvaise interprétation des enseignements du Concile. ..Nous voulons approfondir et enraciner encore plus fort dans ce mystère du Christ le riche héritage laissé à l’Eglise par la Vierge Marie. Elle a un grand rôle à jouer dans l’Eglise, qui voit en elle son image originelle» {«Figaro», 28 déc. 1964).

Le dogme romain: Dans son livre récent sur l’Unité, le cardinal Béa répète des dizaines de fois: 1°) que l’enseignement romain, étant infaillible, ne saurait subir dans son essence aucune modification; 2°) que l’Eglise catholique étant la seule vraie Eglise du Christ, l’unité finale ne peut être envisagée que par le retour de tous les baptisés orthodoxes et protestants au bercail du successeur de saint Pierre. Ce caractère intangible du dogme catholique n’a cessé d’être proclamé clairement par Jean XXIII, Paul VI et tous les porte-parole de Rome. Le professeur E. Schlink, observateur de l’Eglise Evangélique d’Allemagne à Vatican Il, après avoir noté que les délibérations conciliaires sont « révolutionnaires» pour l’Eglise romaine, ajoute: «Aucune des resolutions jusqu’ici adoptées n’a «rapporté, modifié ou même réinterprété de manière satisfaisante un seul des dogmes qui divisent la chrétienté » (S. CE. P. I., 17 déc.1964).

Cela n’a pas empêché le professeur de théologie protestant O. Cullmann de déclarer que Vatican Il «n’a fermé aucune porte ». Dans une interview accordée au journal «Le Monde », M. Cullmann reconnaît que les textes élaborés au Concile sont décevants, car la plupart sont des textes de compromis. Le Concile actuel est lié par celui du Vatican I (en 1870, où fut proclamée l’infallibilité pontificale), et par les dogmes mariaux antérieurs, inchangeables eux aussi. Mais il ajoute: «Je ne partage pas le pessimisme de certains qui s’exprime dans ce slogan: «II ne sortira rien de ce Concile! » Tous les textes sont formulés de telle sorte qu’aucune porte n’est fermée, et qu’ils ne seront pas un obstacle à la future discussion entre catholiques ni au dialogue avec les non-catholiques, comme le sont les décisions des Conciles antérieurs » (cité par «Vie Protestante », 23 oct. 1964). -Puisque les dogmes romains sont infaillibles (voir les anathèmes du Concile de Trente), on se demande sur quoi porte la discussion. ..Si la porte n’est pas fermée, elle ne l’est qu’à sens unique et ne nous paraît conduire qu’au bercail de saint Pierre.

(à suivre)
Extrait avec autorisation du périodique «Le Chrétien évangélique »

Écrit par

(2 Tim.1, 7-9)

«Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d’amour e! de prudence.»

Timide = qui manque de hardiesse et d’assurance, dit le dictionnaire. Dieu, en vue du but qu’il s’est proposé, nous a adressé une «VOCATION SAINTE», et pour cette vocation, il nous revêt:

de force – par quoi nous devons comprendre force de caractère, maîtrise de soi, tranquillité d’esprit, toutes choses qui sont contraires à la timidité. Une stabilité nouvelle, créée par le Saint-Esprit de Dieu qui nous donne l’assurance du salut; un contrôle de soi-même qui peut ne pas être naturel, mais qui est le résultat du travail de cet Esprit.

d’amour – de compréhension, de compassion, de pardon, amour qui n’est pas mollesse, ni faiblesse, mais qui prend part aux malheurs du prochain, qui comprend le pécheur et repousse le péché.

de prudence – mieux encore discipline personnelle, d’intelligence avertie, de jugement balancé, nuancé, sans laisser-aller.

Etes-vous craintif de nature, manquez-vous d’assurance, avez-vous ce qu’on appelle un complexe d’infériorité, craignez-vous de vous affirmer? Lisez les lettres à Timothée. C’était un timide de nature, et l’apôtre l’encouragea. Notez ceci: Dieu DONNE UN AUTRE ESPRIT que celui que vous aviez précédemment. Il donne gratuitement. Alors, demandez, priez. Il vous DONNERA.

Écrit par

Le but de nos études est de faire connaître et comprendre (Ps. 82, 5) les pensées de Dieu révélées dans sa Parole, afin de vivre dans la lumière. Dans un monde où Satan règne pour obscurcir la vérité, voire même la cacher, il importe que le juste – sauvé par la foi en Jésus-Christ – connaisse «les fondements» de la vérité divine.

Les lignes suivantes ne veulent être qu’un canevas de «la saine doctrine», telle que la Parole de Dieu nous la montre. Cet enseignement est à la fois christologique (Matth. 7, 28; 1 Cor. 2, 1-2) et apostolique (Act. 2, 42) ; il comprend l’ensemble des vérités divines.

I L’INSPIRATION VERBALE DE LA BIBLE

La pierre de touche de tout ce qui suit est la doctrine de l’inspiration des Ecritures. «Toute Ecriture est inspirée de Dieu» (2 Tim. 3, 16). Nous possédons aujourd’hui suffisamment de preuves, devant lesquelles tout homme sincère doit s’incliner. La Bible est la révélation de Dieu à l’égard de l’homme. Ce n’est pas un livre ecclésiastique quelconque, ni un ouvrage symbolique ou philosophique. C’est simplement «la Parole de Dieu» qui ne se laisse pas discuter. Des hommes de Dieu, poussés par l’Esprit, rédigèrent les 66 livres de cette divine Bibliothèque (2 Pi. 1, 21 ). Tout en gardant leur caractère et leur personnalité, ils furent de simples véhicules utilisés pour transmettre intégralement les pensées divines. C’est un miracle et un miracle ne s’explique pas. On peut l’accepter ou le rejeter; mais le fait est là.

Il LA TRINITÉ DE DIEU

Il en est de ce terme comme d’autres: la doctrine de la trinité de Dieu se trouve clairement révélée dans la Bible, bien que cette expression n’y soit pas mentionnée. Lucien déjà, rhéteur et philosophe grec du 2me siècle, fait confesser le chrétien dans son «Philopatris»: «le Dieu exalté …Fils du Père, Esprit procédant du Père, l’Un d’entre les Trois et Trois d’entre Un.» Le terme même fut employé formellement pour la première fois lors du synode en 317 à Alexandrie.

Cela ne signifie rien d’autres que tri-unité. La déité est une trinité, une unité qui possède 3 personnes distinctes ayant la même vie et la même essence.

L’ANCIEN TESTAMENT

Nous y voyons une révélation progressive qui trouve sa complète manifestation dans le Nouveau Testament. Des allusions claires et sans équivoques devaient ouvrir les yeux des personnes pieuses du temps du Seigneur.

Gen. 1,1: «Au commencement Dieu.» Ce terme «ELOHIM» est au pluriel et Moïse l’emploie quelque 500 fois. A remarquer qu’à chaque reprise le verbe qui l’accompagne est au singulier, ce qui prouve bien l’unité dans la pluralité des Personnes de la Déité.
Gen. 1,26: «Et Dieu dit: Faisons l’homme selon notre ressemblance»
Gen. 3, 22: «Voici l’homme est devenu comme l’un de nous»
Es. 48, 16: «Le Seigneur l’Eternel» – Dieu le Père
«m’a envoyé» – Dieu le Fils
«et son Esprit» -Dieu le Saint-Esprit
Zach. 12, 10: «Et je répandrai» -Dieu le Père
«un esprit de grâce» – Dieu le Saint-Esprit
«ils se lamenteront sur lui» -Dieu le Fils

LE NOUVEAU TESTAMENT

Il dévoile clairement cette vérité et nous confirme que la déité se compose de 3 Personnes: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint- Esprit (Matth. 28, 19; Jean 1:1; Jean 5:3-4; Jean 8:54).

La trinité de Dieu est déjà engagée lors du baptême du Seigneur (Matth. 3, 13-17). On ne peut, à ce sujet, s’exprimer plus clairement que le Seigneur le faisait dans Jean 14:16-26: «Mais le Consolateur, l’Esprit-Saint (3ème Personne) que le Père (1ère Personne) enverra en mon nom (2ème Personne).»

La grande bénédiction apostolique nous laisse «la grâce du Seigneur Jésus-Christ», «l’amour de Dieu» et «la communion du Saint-Esprit» (2 Cor. 13, 13).

D’ailleurs, l’homme lui-même est une trinité composée de l’esprit, de l’âme et du corps. Il est attaqué par une autre trinité: le monde autour de lui, la chair en lui, et le diable au-dessous de lui. La loi du péché en lui est également représentée par une trinité:la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Et, enfin, il peut être sauvé par la trinité divine: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit.

III JÉSUS-CHRIST

1. Sa Divinité

Jean 1, 1-3 suffirait pour établir cette vérité bénie:
Au commencement était la Parole» (le Verbe dans son existence éternelle)
cet la Parole était auprès de Dieu» (le Verbe dans son existence personnelle)
et la Parole était Dieu» (le Verbe dans son essence divine)

2. Son incarnation

Il est «Dieu manifesté en chair» (1 Tim. 3, 16). Ce mystère, dans lequel même les anges désirent plonger leurs regards, nous a été révélé. Les 7 degrés de son abnégation nous sont donnés en Phil. 2, 7-9. Aucune difficulté n’est inconnue du Seigneur qui a été tenté comme nous; Il peut donc nous accorder miséricorde et secours au moment opportun (Hébr. 4, 15-16). Ami qui souffres, confie-toi en Lui, car son nom est «Merveilleux».

3. Son CEuvre rédemptrice

Rom. 4, 25 dit: «Jésus, notre Sauveur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification».
L’Ancien Testament y fait continuellement allusion (Ex. 12, Ps.22, Es.53).
Les Evangiles en sont la réalisation
Les Actes le proclament
Les Epîtres l’expliquent
L’Apocalypse, enfin, décrit la destruction de ceux qui ont rejeté cette oeuvre.

(à suivre)

 

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