Se tenir devant Dieu

Article publié initialement dans «Le Témoin» no 5 – sept-oct. 1980 et reproduit avec autorisation.

L’ Eternel est vivant, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens (1 Rois 17.1, version Osterwald). Je cherche… un homme.qui se tient à la brèche devant moi en faveur du pays… (Ez 22.30). Le témoignage vital et vibrant d’Elie fut aussi-il est utile d’insister sur ce fait – un témoignage personnel qui reflétait ce que le prophète était lui-même et qui engageait tout son être. Il se donnait à son message; sa vie appartenait à la mission qui lui était confiée. Il incarnait d’avance la parole de l’apôtre Paul: Nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même (Rom 14.7).

Voici la teneur menaçante de ce témoignage: L’Eternel est vivant, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens… et avec toute la force de cette entière certitude, il déclare: Il n y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole. Comme cet homme vaillant de David dont la main demeura attachée à son épée (2 Sam 23.10), Elie s’identifiait à son Dieu; sa parole était devenue partie de lui- même; il était baptisé en sa présence, comme Moïse, à tel point qu’il parlait avec cette autorité divine qui défiait l’enfer, affirmait la volonté de Dieu et déclenchait l’action du ciel. Il en était de lui comme des messagers que Dieu a pu employer au cours de l’histoire de l’Eglise: dans sa bouche, la parole de Dieu était un feu qui allumait des incendies, un marteau qui brisait les plus fortes résistances, une trompette qui réveillait les plus endormis. Rien de moins ne peut suffire aujourd’hui.

I. Ce que signifie se tenir devant Dieu

L’Eternel est vivant, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens, ou devant qui j’assiste.

Le centre même du ministère d’Elie se résume en cette parole: Se tenir devant Dieu en intercesseur. Voilà ce que Dieu demande, et c’est le plus urgent besoin des temps d’apostasie.

Il entre dans les voies de Dieu de se servir d’instruments humains pour communiquer sa Parole aux hommes. Il cherche ces vies qui servent de points d’appui à son action ici-bas et qui se tiennent devant lui, intercédant pour ce monde en détresse et prêtes à lui donner le message du ciel, ce pain de Dieu, celui qui est descendu du ciel et qui donne la vie au monde (cp. Jean 6.33).

Ecoutons sa plainte par la bouche du prophète Esaïe: Il voit qu’il n y a pas un homme, il s’étonne de ce que personne n’intercède. (Es 59.16) Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas; mais je n’en trouve point. (Ez 22.30). Dans ce domaine, Jésus-Christ est notre modèle. Les Evangiles mettent l’accent sur sa vie de prière et d’intercession. Voyez-le au chapitre 17 de l’Evangile selon Jean, intercéder pour les siens, les remettre à son Père. Il se retire constamment sur la montagne, à l’écart, pour être en communion avec son Père et lui soumettre les problèmes se rapportant à sa mission divine.

Assis à la droite du Père, sur le trône de la grâce, il continue ce même office en faveur des siens; il est leur avocat, il plaide pour eux contre l’accusateur des frères qui les accuse jour et nuit. Que cette révélation nous aide! Découvrir le souverain Sacrificateur qui intercède pour nous, c’est découvrir le secret de la sanctification et la clé de la victoire sur toutes les forces de l’ennemi. C’est expérimenter d’avance cette promesse d’Apoc 12.11: Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. Une autre illustration de cette sorte d’intercession se trouve dans les Nombres. Le sacrificateur Aaron, avec l’encensoir allumé du feu de l’autel, se plaça entre les morts et les vivants et arrêta la plaie qui consumait le peuple (Nom 16.46-50). Telle fut l’attitude d’Elie en Israël.

Dans ses psaumes, David répète à plusieurs reprises cette exhortation: Attends-toi à l’Eternel… Tenez-vous devant lui… Demeurez en sa présence… De même Esaïe parle de ceux qui ne se taisent ni jour ni nuit, qui rappellent au souvenir de l’Eternel ses promesses, qui ne se donnent et ne lui laissent aucun repos jusqu’à ce que la gloire de Christ paraisse dans le monde (Es 62.6,7). Et les voici exerçant ce sacerdoce glorieux de l’intercession avec toute l’audace et toute l’autorité de Celui qui a fait les promesses. Ils savent que L’Eternel l’a juré par sa droite et par son bras puissant (Es 62.8), et forts de cette conviction, ils plaident devant son trône. Le Seigneur lui-même prie pour eux, mais ils ont la charge de se tenir devant lui pour le salut de leurs semblables (Jean 17.9,20).

Voici ce qui doit être le fondement de notre service, le secret de notre force et de notre courage, la puissance de notre témoignage: nous tenir devant Celui qui a traité alliance avec nous, Celui qui a fait les promesses qui assurent à son peuple la puissance, les richesses et le revêtement spirituels pour aujourd’hui. C’est seulement alors que nous échapperons à l’encerclement flétrissant de l’esprit du siècle présent, car celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit (l Cor 6.17). Chaque Eglise, chaque assemblée chrétienne devrait avoir cette force motrice, cette centrale de puissance où chacun prend sa responsabilité, où le ciel s’ouvre et où l’enfer est remué, à l’exemple de l’Eglise primitive, au chapitre 4 des Actes, versets 23-37.

Sachons donc une fois pour toutes décider qu’au milieu de l’obscurité présente, en face de l’ouragan qui s’élève déjà, nous nous tiendrons devant Dieu comme Elie. Ne nous laissons pas voler ce qui est le plus grand de nos privilèges et la plus solennelle de nos responsabilités! Pasteurs, conducteurs spirituels, donnez cet exemple, puis sonnez de la trompette pour appeler les fidèles à ce sacerdoce.

1 .Avant que quoi que ce soit ne se passe dans le monde, quelque chose doit se passer entre Dieu et son serviteur

Avant même qu’Abraham ne commence son pèlerinage de foi, le Dieu de gloire lui était apparu (Act 7.2). Avant que Moïse ne devienne l’instrument de Dieu pour Israël, il dut avoir la révélation de l’Eternel dans le buisson ardent. Voilà ce qui lui permit, à travers toutes les épreuves, de demeurer ferme comme voyant Celui qui est invisible (Héb 11.27). Avant que Josué n’entreprenne l’assaut de Jéricho, il a rencontré le Chef de l’armée de l’Eternel (Jos 5.13-15). Avant qu’Esaïe ne parle, il a eu la vision du trône de gloire et l’attouchement du charbon ardent sur ses lèvres (Es 6.1-7).

Quant à Elie, nous savons qu’il priait avec zèle, qu’il se tenait devant le Seigneur, qu’il était en communion avec lui avant de paraître devant les hommes. Il avait appris à s’attarder dans la présence de Yahvé, le Dieu d’Israël, qui tenait les clés des situations et des problèmes que l’apostasie d’Israël avait produits dans le monde. Elie savait qu’à chaque effet visible il y a une cause spirituelle invisible, et que Dieu lui-même se réserve le droit d’intervenir quand et comme il veut. Quand Elie apparut devant Achab et parla au nom de Dieu, quelque chose se passa, un coup fut porté au royaume de Satan, parce qu’un serviteur de Dieu avait reçu puissance et autorité divines contre lui pendant les heures de prière et de silence passées en sa présence.

L’apostasie de la chrétienté crée des problèmes de toutes sortes, non seulement le désaxement des âmes, l’effritement des Eglises, la perte de toute vraie puissance divine, mais aussi le déclenchement de nombreux mouvements d’erreur, tous inspirés par des esprits séducteurs. A ce vaste problème, il n’y a qu’une réponse. Elle vient du ciel, et l’exemple d’Elie nous l’indique.

2. Avant qu’une action ne soit entreprise dans le monde, devant les prêtres de Baal et le monarque apostat, Elie pria. ..puis il pria de nouveau (Jac 5.17, 18).

Oh! la prière, ces prières ferventes, efficaces, gouvernementales, qui changent le cours des événements, ces prières absolument urgentes aujourd’hui! Les connaissons-nous? Elles sous-entendent des hommes, des femmes instruits à l’école de l’intercession, qui savent s’attarder devant Dieu, se laisser pénétrer et inspirer de sa présence afin que l’exaucement de leur intercession paraisse ensuite dans le monde. Dieu donne la première place à la prière; pourquoi lui donnons-nous la dernière place? Cette négligence, cette ignorance du ministère de la prière est notre perte, et non seulement la nôtre, mais celle des âmes que Dieu nous confie! Car c’est en réponse à la prière et par le moyen de vies données que Dieu veut intervenir en grâce en faveur des hommes.

Peu de prières, mais beaucoup d’activités, beaucoup d’efforts… Quel renversement de l’ordre voulu de Dieu! Quelle humiliation pour son Eglise! Elle se contente d’un travail superficiel qui n’arrache pas sa proie au royaume des ténèbres. ..Voilà pourquoi les lettres aux Eglises qui typifient la chrétienté des derniers temps commencent par cette phrase révélatrice: Je connais tes ouvres (Apoc 2.2, 19 ; 3.1, 8, 15). Vous comptiez sur beaucoup, et voici, vous avez eu peu; vous l’avez rentré chez vous, mais j’ai soufflé dessus. Pourquoi? dit l’Eternel des armées. A cause de ma maison, qui est détruite, tandis que vous vous empressez chacun pour sa maison. C’est pourquoi les cieux vous ont refusé la rosée, et la terre a refusé ses produits. (Agg 1.9-11). La vraie prière, c’est confesser notre faiblesse et c’est honorer Dieu. Négliger la prière, c’est faire preuve de présomption et démontrer que notre service pour lui est celui de nos efforts propres: du feu étranger sur l’autel!

3. Avant de se lancer dans le combat pour son Dieu, Elie avait été baptisé en Dieu, en celui qui avait fait les promesses et l’avait revêtu de sa puissance.

Quel contraste entre cette présence de la majesté divine et l’atmosphère satanique de la monarchie rebelle et cor- rompue de Samarie! Quelle leçon, quel appel pour nos temps, pour nos vies!

Sans cette présence divine, notre témoignage ne laissera aucun effet durable sur le roc dur de la conscience humaine; il ne produira aucune réaction profonde dans l’esprit des hommes. Combien de ministères, combien de prédications ne représentent aucune menace, aucun danger réel pour l’enfer, parce qu’ils ne sortent pas de la présence de Dieu et ne sont pas imprégnés de l’Esprit du sanctuaire!

Ceux qui ne connaissent pas le ministère de l’intercession ignorent aussi ce qui caractérisait notre Seigneur et qui devrait être vrai de tous ses té- moins: Il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes (Mat 7.29). Souvenez-vous de ce que dirent les huissiers qui devaient s’emparer de lui: Jamais homme n’a parlé comme cet homme (Jean 7.46). Et ses ennemis mêmes étaient contraints de dire: Comment connaît-il les Ecritures, lui qui n’a point étudié? (Jean 7.15).

II. Ce qu’Elie apprit en se tenant devant Dieu

1. Dans la vie d’Elie, la connaissance de la vérité divine était devenue une expérience personnelle, le secret d’un témoignage puissant.

Il connaissait la Parole de Dieu, il savait qui était Yahvé le Dieu d’Israël, mais toute cette connaissance était transformée en une grande puissance. Pour Elie, ce que nous appellerions aujourd’hui l’intellectualisme, toujours stérile même s’il est biblique, était chose inconnue. Tout ce qu’il disait vibrait de la puissance de Dieu. Dans sa bouche, les mots ainsi dit l’Eternel, il est écrit, n’étaient pas des clichés ni des termes sans puissance.

De même, aujourd’hui, devant la pression des événements et de la situation contemporaine, un simple étalage de connaissances, mêmes bibliques, n’est-il pas un affront? Un affront à Dieu et aussi un affront aux personnes auxquelles on s’adresse, et encore en son Nom, en parlant sans feu et sans puissance, de telle façon que ce que l’on prétend être son message n’a aucun mordant, et que l’on n’amène pas Dieu aux hommes, ni les hommes à Dieu! L’enfer ne craint pas de telles prédications!

Le témoignage personnelle plus urgent est celui qui résulte de cette communion personnelle, de cette vie intense avec Dieu. Notre « or » doit être éprouvé par le feu (Apoc 3.18).

2. Les vérités anciennes révélées à travers l’histoire du peuple de Dieu étaient devenus pour Elie des vérités présentes.

L’une des fonctions du Saint-Esprit est de rendre vivant, réel et actuel ce qui a été écrit autrefois (l Cor 10.11). Le Saint- Esprit se plaît à faire vivre devant nous ces merveilleuses scènes de l’Ancien Testament que l’incrédule, dans la folie de son orgueil et son ignorance, traite de légendes et de fables…

Il suffit qu’Elie mentionne à Achab le nom de l’Eternel, et dise qu’il est le Dieu d’Israël, le Dieu vivant, pour que l’enfer tremble et que le roi renégat soit rempli de fureur et de crainte.

Le témoignage personnel nécessaire aujourd’hui doit porter l’empreinte d’une conviction pleine et entière de la puissance de la Parole de Dieu, le texte sacré de nos Bibles, autant en ce qui concerne les récits de l’Ancien Testament que la vie de notre Seigneur Jésus-Christ. Courbés nous-mêmes devant la puissance de Dieu et de sa Parole, baptisés en sa présence, nous recevrons son message: et dans notre bouche, les plus anciennes vérités seront des vérités présentes (2 Pi 1.12).

Telle fut la prédication de Pierre à la Pentecôte, et la foule, saisie de componction, s’écria: Hommes frères, que ferons-nous? (Act 2.37).

Les temps que nous vivons exigent cela et rien de moins. Si nous ne voulons pas qu’un jour le Seigneur nous juge, nous reproche que notre trompette n’a rendu qu’un son confus, que notre message n’a ni réveillé les consciences ni arrêté les foules, nous devons en accepter les conditions. C’est à ce prix que notre or sera éprouvé par le feu, que nos connaissances bibliques seront autant de richesses déversées dans les cours et d’avertissements directs de Dieu faits en son Nom.

3. Elie savait que les événements et la situation qu’il voyait, vivait et affrontait, avaient leur source dans le monde spirituel.

Qui est semblable à moi? Qui me donnera des ordres? Et quel est le chef qui me résistera? (Jér 49.19). Tu es redoutable, ô toi! Qui peut te résister quand ta colère éclate? Du haut des cieux tu as proclamé la sentence; La terre effrayée s’est tenue tranquille, Lorsque Dieu s’est levé pour faire justice, pour sauver tous les malheureux de la terre (Ps 76.8-10).

Notre témoignage personnel, s’il veut être utile aujourd’hui, doit être inspiré par cette connaissance. Le Seigneur eut la vision de Satan tombant du ciel comme un éclair (Luc 10.18). Il savait quels seraient les effets de son triomphe rédempteur sur l’ennemi et les proclama d’avance aux siens. Dans les Epîtres, l’Esprit de Dieu dévoile le sens de la victoire présente du Seigneur. Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix (Col 2.15). Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les ouvres du diable (1 Jean 3.8).

Dans la nouvelle page d’histoire qui s’ouvre aujourd’hui, si le chrétien n’est pas instruit et armé de cette vérité, non seulement il frappera en l’air et courra à l’aventure, mais son passage ici-bas aura laissé les choses et les gens tels qu’ils étaient, sinon pires qu’auparavant. L’Ecriture ne tait aucun sujet dont Dieu veut que nous soyons instruits.

4. Elie connaissait la volonté de Dieu pour son temps et les circonstances présentes, et il agissait en conséquence

L’Ancien et le Nouveau Testament avertissent les croyants de l’apostasie des derniers temps. Dieu laisse mûrir pour le jugement les autorités religieuses apostates, les mouvements et les déviations qu’elles provoquent. Puisqu’elles ont eu la clé de la connaissance et se sont montrées indignes de ce privilège, Dieu les livre à leur propre choix (2 Thes 2.8-12; cp. Luc 11.52; Mat 23.27-30).

Mais quand il s’agit des autorités gouvernementales, Dieu leur donne souvent des temps de répit, des offres de salut; il promet des interventions divines. Il patienta à l’égard de Pharaon, à l’égard d’Achab et de Nebuadnetsar, il leur donna un temps de grâce. L’apôtre Paul dit que si les chefs de ce siècle eussent connu la sagesse de Dieu, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire (l Cor 2.8).

Dieu est prêt à prolonger le jour de la grâce en vue du salut des hommes (2 Pi 3.9). Il peut incliner le cour des autorités civiles, les rendre favorables à la Parole de Dieu, les amener à faire la distinction entre la vérité divine et ce qui n’est que forme, chloroforme et profession religieuse. N’oublions pas que le but du prince de ce monde est juste l’opposé… Seule la prière peut agir efficacement. (Lire 1 Tim 2.1-7).

Le serviteur de Dieu qui veut aujourd’hui prêcher Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié et son glorieux message divin, doit être armé de ces vérités-là.

C’est avec une entière connaissance des desseins de Dieu qu’Elie pria: – Jac 5.17: Il pria avec instance pour qu’il ne pleuve point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois = jugement. – Jac 5.18: Puis il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit = grâce.

Ainsi l’Ecriture nous révèle ce fait dynamique que la prière ferme et ouvre la main du Créateur.

Le jour de grâce est encore là. Il s’agit donc encore de grâce pour nous. Si l’Eglise de notre Seigneur Jésus-Christ, Triomphateur, Sauveur des hommes, savait s’attarder en sa présence, être courbée devant lui, si elle savait même en cette heure tardive ouvrir les mains du Créateur, ou plutôt les mains percées du Sauveur, elle découvrirait que ces mains ne se sont jamais fermées, qu’elles sont là, levées en bénédiction sur le monde, prêtes à répandre son Esprit sur toute chair.

Mais ce qui a manqué à l’Eglise jusqu’ici, sauf aux époques glorieuses de réveil qui ont éclairé la nuit grandissante de son pèlerinage mouvementé, CE QUI A MANQUE, c’est ce sacerdoce d’hommes et de femmes dont tout l’être se tient devant l’Eternel, se donne jusqu’à l’extrême limite pour le monde perdu, et qui ne quittent pas la présence du Seigneur jusqu’à ce qu’il ait béni. Quand il en sera ainsi, on entendra le bruit d’une abondante pluie (cp 1 Rois 18.41-46).

les articles plus lus

En présentant le premier numero de PROMESSES

à nos frères en la foi, nous pensons bien faire d’exposer les principes qui seront à la base de ce «Cahier d’études bibliques».

Nous chercherons à être utiles à tous, à l’église de Dieu d’abord, c’est-à-dire au Chef de l’église, Christ, mais aussi à ceux pour qui la Parole est précieuse, à ceux qui désirent étudier et obéir.

Les bulletins, feuilles de renseignements, journaux mensuels ou trimestriels foisonnent. Tous, ou presque, apportent des nouvelles missionnaires ou d’évangélisation. Ce qu’on recherche ici est beaucoup plus un cahier comportant exclusivement des études bibliques ou se rapportant spécifiquement à la Parole.

La plupart des assemblées de «frères» issues du mouvement datant des années 20-30 du siècle écoulé semblent vivre au ralenti, l’esprit missionnaire mis à part. Comme dans tout mouvement, certaines vérités ont été poussées en «épingle», d’autres ont été négligées; des intérêts particuliers ont pris le pas sur les valeurs spirituelles. Nous assistons à un rétrécissement sérieux de l’influence, de l’action que devraient avoir des églises de foi, c’est-à-dire formées d’enfants de Dieu véritables, scellés par l’Esprit de Dieu.

En toute humilité, nous désirons demander au Seigneur sa lumière, afin de marcher selon sa grâce, en fidélité, devant sa face. Nous ne saurions prétendre connaître tout ce que Dieu veut pour les siens et son église, mais notre désir est d’apporter ce qui, aujourd’hui, est utile pour l’édification et la consolation de nombreux enfants de Dieu. Précisons que nous ne voudrions pas représenter un point de vue particulier, mais étudier la Parole, en respectant la sainteté de Dieu.

Chaque étude signée restera sous la responsabilité de son auteur. L’enseignement de ces pages semble devoir être d’une étendue qui surprendra peut-être. Notre désir est, à la fois, de présenter des études fouillées pour le chrétien avancé, mais aussi des explications de termes, de langage, pour ceux qui ne connaissent pas notre langue d’une manière approfondie.

A titre d’essai, nous ferons parvenir un certain nombre d’exemplaires au monde francophone d’outre-mer. Il faudra ainsi tenir compte de ce champ de diffusion.

De divers côtés, sinon dans nos vieux pays, on demande, en effet, une littérature chrétienne plus abondante, basée sur la Bible, la Parole de Dieu. Quelques-uns d’entre nous ont cru devoir répondre à ce désir. Nous plaçons ces cahiers sous le regard du «Chef», demandant à Dieu sa bénédiction pour rendre témoignage à la Vérité.

Les éditeurs

Où nous mène la formidable évolution qui soulève le monde chrétien tout entier? En cette période d’après le Concile du Vatican Il, il est utile de dresser un bilan des faits, même provisoire, et de procéder à un tour d’horizon général.

Eléments positifs de l’évolution catholique: Incontestablement, des mouvements intéressants se font sentir dans l’Eglise romaine: étude et diffusion de la Bible en voie de développement, dialogue engagé avec les autres confessions, reconnaissance du fait que les communautés des «frères séparés» protestants peuvent porter le titre d’églises, admission d’une part de responsabilité dans la rupture du XVIe siècle. Au cours du Concile du Vatican Il, l’opinion a été exprimée à maintes reprises que l’Eglise catholique avait besoin d’un renouveau si elle voulait réellement entreprendre le dialogue avec les églises non-romaines. Il y eut des discussions très libres, suivies de votes positifs impressionnants, par exemple sur la collégialité des évêques gouvernant l’Eglise avec le pape, l’usage de la langue vulgaire dans le culte, l’oecuménisme, la liberté religieuse, la limitation des naissances, le peuple juif, l’Ecriture Sainte et la Tradition, etc.

Fin décevante de Vatican Il: Rappelons quelques faits justifiant cette impression de l’ensemble des observateurs non catholiques.

La collégialité des évêques doit être entendue de telle manière que la primauté du pape demeure intacte. La structure monarchique de l’Eglise romaine n’en sera pas affectée, le pape reste le souverain absolu. Le collège épiscopal n’a aucune autorité sans ce dernier. Paul VI, dans son discours d’ouverture à la troisième session, ne s’en est pas référé moins de sept fois à sa primauté, et le mot-clé qu’il a constamment utilisé était celui de «hiérarchie sacrée». Le pasteur G. Richard-Molard estime qu’un tel discours «ne peut guère qu’hérisser la plupart des chrétiens non catholiques romains» («Messager Social», 10 déc.; S. CE- P. I., 1er oct.; 24 sept. 1964).

Il est clair, selon le même pasteur, «que l’Eglise catholique est toujours placée sous l’unique pouvoir de l’Eglise romaine. Or, il ne s’agit pas là d’une découverte de La Palice, mais d’une situation, chaque jour plus insupportable pour les catholiques eux-mêmes. Cette direction totalitaire italienne, ou pire encore, romanisée, possède encore tous les leviers de commande» («Christianisme au XXe siècle», 29 oct. 1964). Cela n’empêche pas qu’une seconde force «se manifeste par l’esprit nouveau qui anime une partie toujours plus large du catholicisme non italien. Il ne faut pas s’imaginer que cet esprit ait changé en quoi que ce soit la masse, mais il passe sur quelques centaines d’évêques, sur de nombreux prêtres et sur une élite de laïcs» (ibid.).

La Vierge Marie a été proclamée Mère de l’Eglise, sans l’avis des pères conciliaires, par Paul VI, qui lui a consacré la moitié de son discours de clôture {cf. «Chrétien Evangélique», déc. 1964, p. 5). Cette proclamation «a détruit tous les efforts des pères conciliaires qui. .. s’étaient ingéniés à éviter autant que possible les déclarations de nature à. ..donner de l’extension au dogme marial et à choquer les protestants» {«Christ U. Welt», cité par S. CE. P. I., 3 déc. 1964).

Le 11 octobre 1963, le pape a terminé une allocution aux pères du Concile et aux fidèles par cette prière à la Sainte Vierge: «O Marie, nous vous prions pour nos frères encore séparés de notre famille catholique. Voyez comment, parmi eux, une phalange glorieuse célèbre votre culte avec fidélité et amour. Voyez comment parmi d’autres, si résolus à se dire chrétiens, commence à renaître aujourd’hui votre souvenir et votre culte, ô Vierge très bonne. Appelez avec nous tous ces fils, qui sont vôtres, à la même unité sous votre protection maternelle et céleste» («Documentation Catholique», 3 novembre 1963).

Le cardinal Doepfner, de Munich, dont les interventions au Concile ont été souvent remarquées, vient de déclarer à son tour: «Amoindrir dans l’Eglise le culte de la Vierge Marie serait un malentendu et une mauvaise interprétation des enseignements du Concile. ..Nous voulons approfondir et enraciner encore plus fort dans ce mystère du Christ le riche héritage laissé à l’Eglise par la Vierge Marie. Elle a un grand rôle à jouer dans l’Eglise, qui voit en elle son image originelle» {«Figaro», 28 déc. 1964).

Le dogme romain: Dans son livre récent sur l’Unité, le cardinal Béa répète des dizaines de fois: 1°) que l’enseignement romain, étant infaillible, ne saurait subir dans son essence aucune modification; 2°) que l’Eglise catholique étant la seule vraie Eglise du Christ, l’unité finale ne peut être envisagée que par le retour de tous les baptisés orthodoxes et protestants au bercail du successeur de saint Pierre. Ce caractère intangible du dogme catholique n’a cessé d’être proclamé clairement par Jean XXIII, Paul VI et tous les porte-parole de Rome. Le professeur E. Schlink, observateur de l’Eglise Evangélique d’Allemagne à Vatican Il, après avoir noté que les délibérations conciliaires sont « révolutionnaires» pour l’Eglise romaine, ajoute: «Aucune des resolutions jusqu’ici adoptées n’a «rapporté, modifié ou même réinterprété de manière satisfaisante un seul des dogmes qui divisent la chrétienté » (S. CE. P. I., 17 déc.1964).

Cela n’a pas empêché le professeur de théologie protestant O. Cullmann de déclarer que Vatican Il «n’a fermé aucune porte ». Dans une interview accordée au journal «Le Monde », M. Cullmann reconnaît que les textes élaborés au Concile sont décevants, car la plupart sont des textes de compromis. Le Concile actuel est lié par celui du Vatican I (en 1870, où fut proclamée l’infallibilité pontificale), et par les dogmes mariaux antérieurs, inchangeables eux aussi. Mais il ajoute: «Je ne partage pas le pessimisme de certains qui s’exprime dans ce slogan: «II ne sortira rien de ce Concile! » Tous les textes sont formulés de telle sorte qu’aucune porte n’est fermée, et qu’ils ne seront pas un obstacle à la future discussion entre catholiques ni au dialogue avec les non-catholiques, comme le sont les décisions des Conciles antérieurs » (cité par «Vie Protestante », 23 oct. 1964). -Puisque les dogmes romains sont infaillibles (voir les anathèmes du Concile de Trente), on se demande sur quoi porte la discussion. ..Si la porte n’est pas fermée, elle ne l’est qu’à sens unique et ne nous paraît conduire qu’au bercail de saint Pierre.

(à suivre)
Extrait avec autorisation du périodique «Le Chrétien évangélique »

(2 Tim.1, 7-9)

«Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d’amour e! de prudence.»

Timide = qui manque de hardiesse et d’assurance, dit le dictionnaire. Dieu, en vue du but qu’il s’est proposé, nous a adressé une «VOCATION SAINTE», et pour cette vocation, il nous revêt:

de force – par quoi nous devons comprendre force de caractère, maîtrise de soi, tranquillité d’esprit, toutes choses qui sont contraires à la timidité. Une stabilité nouvelle, créée par le Saint-Esprit de Dieu qui nous donne l’assurance du salut; un contrôle de soi-même qui peut ne pas être naturel, mais qui est le résultat du travail de cet Esprit.

d’amour – de compréhension, de compassion, de pardon, amour qui n’est pas mollesse, ni faiblesse, mais qui prend part aux malheurs du prochain, qui comprend le pécheur et repousse le péché.

de prudence – mieux encore discipline personnelle, d’intelligence avertie, de jugement balancé, nuancé, sans laisser-aller.

Etes-vous craintif de nature, manquez-vous d’assurance, avez-vous ce qu’on appelle un complexe d’infériorité, craignez-vous de vous affirmer? Lisez les lettres à Timothée. C’était un timide de nature, et l’apôtre l’encouragea. Notez ceci: Dieu DONNE UN AUTRE ESPRIT que celui que vous aviez précédemment. Il donne gratuitement. Alors, demandez, priez. Il vous DONNERA.

Le but de nos études est de faire connaître et comprendre (Ps. 82, 5) les pensées de Dieu révélées dans sa Parole, afin de vivre dans la lumière. Dans un monde où Satan règne pour obscurcir la vérité, voire même la cacher, il importe que le juste – sauvé par la foi en Jésus-Christ – connaisse «les fondements» de la vérité divine.

Les lignes suivantes ne veulent être qu’un canevas de «la saine doctrine», telle que la Parole de Dieu nous la montre. Cet enseignement est à la fois christologique (Matth. 7, 28; 1 Cor. 2, 1-2) et apostolique (Act. 2, 42) ; il comprend l’ensemble des vérités divines.

I L’INSPIRATION VERBALE DE LA BIBLE

La pierre de touche de tout ce qui suit est la doctrine de l’inspiration des Ecritures. «Toute Ecriture est inspirée de Dieu» (2 Tim. 3, 16). Nous possédons aujourd’hui suffisamment de preuves, devant lesquelles tout homme sincère doit s’incliner. La Bible est la révélation de Dieu à l’égard de l’homme. Ce n’est pas un livre ecclésiastique quelconque, ni un ouvrage symbolique ou philosophique. C’est simplement «la Parole de Dieu» qui ne se laisse pas discuter. Des hommes de Dieu, poussés par l’Esprit, rédigèrent les 66 livres de cette divine Bibliothèque (2 Pi. 1, 21 ). Tout en gardant leur caractère et leur personnalité, ils furent de simples véhicules utilisés pour transmettre intégralement les pensées divines. C’est un miracle et un miracle ne s’explique pas. On peut l’accepter ou le rejeter; mais le fait est là.

Il LA TRINITÉ DE DIEU

Il en est de ce terme comme d’autres: la doctrine de la trinité de Dieu se trouve clairement révélée dans la Bible, bien que cette expression n’y soit pas mentionnée. Lucien déjà, rhéteur et philosophe grec du 2me siècle, fait confesser le chrétien dans son «Philopatris»: «le Dieu exalté …Fils du Père, Esprit procédant du Père, l’Un d’entre les Trois et Trois d’entre Un.» Le terme même fut employé formellement pour la première fois lors du synode en 317 à Alexandrie.

Cela ne signifie rien d’autres que tri-unité. La déité est une trinité, une unité qui possède 3 personnes distinctes ayant la même vie et la même essence.

L’ANCIEN TESTAMENT

Nous y voyons une révélation progressive qui trouve sa complète manifestation dans le Nouveau Testament. Des allusions claires et sans équivoques devaient ouvrir les yeux des personnes pieuses du temps du Seigneur.

Gen. 1,1: «Au commencement Dieu.» Ce terme «ELOHIM» est au pluriel et Moïse l’emploie quelque 500 fois. A remarquer qu’à chaque reprise le verbe qui l’accompagne est au singulier, ce qui prouve bien l’unité dans la pluralité des Personnes de la Déité.
Gen. 1,26: «Et Dieu dit: Faisons l’homme selon notre ressemblance»
Gen. 3, 22: «Voici l’homme est devenu comme l’un de nous»
Es. 48, 16: «Le Seigneur l’Eternel» – Dieu le Père
«m’a envoyé» – Dieu le Fils
«et son Esprit» -Dieu le Saint-Esprit
Zach. 12, 10: «Et je répandrai» -Dieu le Père
«un esprit de grâce» – Dieu le Saint-Esprit
«ils se lamenteront sur lui» -Dieu le Fils

LE NOUVEAU TESTAMENT

Il dévoile clairement cette vérité et nous confirme que la déité se compose de 3 Personnes: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint- Esprit (Matth. 28, 19; Jean 1:1; Jean 5:3-4; Jean 8:54).

La trinité de Dieu est déjà engagée lors du baptême du Seigneur (Matth. 3, 13-17). On ne peut, à ce sujet, s’exprimer plus clairement que le Seigneur le faisait dans Jean 14:16-26: «Mais le Consolateur, l’Esprit-Saint (3ème Personne) que le Père (1ère Personne) enverra en mon nom (2ème Personne).»

La grande bénédiction apostolique nous laisse «la grâce du Seigneur Jésus-Christ», «l’amour de Dieu» et «la communion du Saint-Esprit» (2 Cor. 13, 13).

D’ailleurs, l’homme lui-même est une trinité composée de l’esprit, de l’âme et du corps. Il est attaqué par une autre trinité: le monde autour de lui, la chair en lui, et le diable au-dessous de lui. La loi du péché en lui est également représentée par une trinité:la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Et, enfin, il peut être sauvé par la trinité divine: Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit.

III JÉSUS-CHRIST

1. Sa Divinité

Jean 1, 1-3 suffirait pour établir cette vérité bénie:
Au commencement était la Parole» (le Verbe dans son existence éternelle)
cet la Parole était auprès de Dieu» (le Verbe dans son existence personnelle)
et la Parole était Dieu» (le Verbe dans son essence divine)

2. Son incarnation

Il est «Dieu manifesté en chair» (1 Tim. 3, 16). Ce mystère, dans lequel même les anges désirent plonger leurs regards, nous a été révélé. Les 7 degrés de son abnégation nous sont donnés en Phil. 2, 7-9. Aucune difficulté n’est inconnue du Seigneur qui a été tenté comme nous; Il peut donc nous accorder miséricorde et secours au moment opportun (Hébr. 4, 15-16). Ami qui souffres, confie-toi en Lui, car son nom est «Merveilleux».

3. Son CEuvre rédemptrice

Rom. 4, 25 dit: «Jésus, notre Sauveur, lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification».
L’Ancien Testament y fait continuellement allusion (Ex. 12, Ps.22, Es.53).
Les Evangiles en sont la réalisation
Les Actes le proclament
Les Epîtres l’expliquent
L’Apocalypse, enfin, décrit la destruction de ceux qui ont rejeté cette oeuvre.

(à suivre)